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	<title>Service pour les professionnels de l'information---- </title>
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	<description>Le service pour les professionnels de l'information (SPI) est dirig&#233; par le p&#232;re Laurent Stalla-Bourdillon. Ce service est destin&#233; &#224; tous les acteurs du monde des m&#233;dias : journalistes, radios, presses, t&#233;l&#233;visions, r&#233;seaux sociaux et &#233;coles de journalisme, enseignants et chercheurs. Aucune affiliation religieuse n'est requise pour prendre part &#224; ses activit&#233;s.</description>
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		<title>Service pour les professionnels de l'information</title>
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		<title>Quand les technologies nous font revenir &#224; l'essentiel</title>
		<link>https://www.serviceproinfo.fr/analyse-decryptage/article/quand-les-technologies-nous-font-revenir-a-l-essentiel</link>
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		 <dc:creator>P&#232;re Laurent Stalla-Bourdillon</dc:creator>
		


		<dc:subject>son</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'absence de &#171; Dieu &#187; dans la vie humaine n'est jamais sans cons&#233;quence. Quel que soit son nom, et quelle que soit l'id&#233;e que l'on se fait de lui, &#171; Dieu &#187; demeure le d&#233;terminant primordial d'une vie humaine appel&#233;e &#224; se penser elle&#8209;m&#234;me, &#224; s'accomplir dans la qu&#234;te de sens, &#224; s'&#233;panouir dans la d&#233;couverte de la v&#233;rit&#233;. &#171; Dieu &#187; n'est pas d'abord une invention humaine, mais la traduction, dans le langage, du besoin psychique de v&#233;rit&#233; qui sp&#233;cifie l'&#234;tre humain. N'&#233;tant pas la cause de soi, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.serviceproinfo.fr/analyse-decryptage/" rel="directory"&gt;Analyse - d&#233;cryptage&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.serviceproinfo.fr/mot/son" rel="tag"&gt;son&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.serviceproinfo.fr/mot/reflexions-critiques-sur-les-systemes-d-information" rel="tag"&gt;r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.serviceproinfo.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/liberte_-2-789d6.jpg?1784574295' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'absence de &#171; Dieu &#187; dans la vie humaine n'est jamais sans cons&#233;quence. Quel que soit son nom, et quelle que soit l'id&#233;e que l'on se fait de lui, &#171; Dieu &#187; demeure le d&#233;terminant primordial d'une vie humaine appel&#233;e &#224; se penser elle&#8209;m&#234;me, &#224; s'accomplir dans la qu&#234;te de sens, &#224; s'&#233;panouir dans la d&#233;couverte de la v&#233;rit&#233;. &#171; Dieu &#187; n'est pas d'abord une invention humaine, mais la traduction, dans le langage, du besoin psychique de v&#233;rit&#233; qui sp&#233;cifie l'&#234;tre humain. N'&#233;tant pas la cause de soi, l'homme sait qu'il doit &#224; d'autres d'exister. Ses parents ne sont que les m&#233;diateurs d'une autre origine, invisible, que l'amour seul r&#233;v&#232;le vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;viction de Dieu dans les soci&#233;t&#233;s modernes et techniciennes ne permet donc pas simplement de s'&#233;pargner l'&#233;preuve d'une qu&#234;te infinie et du dilemme entre le bien et le mal ; elle rend l'existence plus opaque, o&#249; les questions de l'origine et du sens deviennent davantage des fardeaux que des moteurs. L'homme se soustrait au jugement moral, &#224; l'imp&#233;ratif du vrai, en se cachant derri&#232;re l'efficacit&#233; des techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s sans Dieu s'inventent alors des substituts : des quasi&#8209;divinit&#233;s artificielles, moteurs techniques jamais aussi prometteurs que l'original. Le confort technique n'est jamais &#224; la hauteur du bonheur que Dieu seul promet. Au fond, nous voudrions accomplir notre vie sans avoir &#224; en traverser les &#233;pisodes douloureux, en nous fabriquant un monde parall&#232;le adapt&#233; &#224; notre attente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peu &#224; peu, un monde artificiel a pris forme et nous soustrait &#224; notre environnement naturel. La vaste infrastructure num&#233;rique n'est plus tellement &#224; notre main : nous sommes &#224; son pouvoir. Lorsque la technique se d&#233;veloppe, elle cesse d'&#234;tre un objet de l'homme, et c'est l'homme qui devient un objet pour la technique, rappelait Jacques Elul. La technique ne peut &#234;tre que totalitaire car en voulant se doter d'un monde &#224; sa mesure, l'&#234;tre humain s'enferme dans ses contradictions et finit par s'imposer un monde concentrationnaire, dont l'efficacit&#233; &#233;tait d&#233;j&#224; la cl&#233; de tous les syst&#232;mes totalitaires de l'histoire. Plus la technique est appliqu&#233;e, plus elle devient rationnelle et efficace. Plus elle est rationnelle et efficace, plus elle est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Surveiller et punir, Michel Foucault d&#233;crivait de mani&#232;re proph&#233;tique cette orthop&#233;die sociale, dont le cocon num&#233;rique actuel appara&#238;t comme la forme la plus aboutie : administrer individuellement les &#234;tres humains. Le monitoring permanent promet de tout g&#233;rer : pr&#233;vision de la mort, organisation des relations affectives, r&#233;gulation du travail, d&#233;tection des vuln&#233;rabilit&#233;s, et finalement tentative technique de neutralisation du mal qui ronge les vies individuelles et collectives. La mort, la sexualit&#233;, le travail, les vuln&#233;rabilit&#233;s et le mal &#8211; pour ne citer que les r&#233;alit&#233;s les plus embl&#233;matiques des tracas humains &#8211; se trouvent ainsi confi&#233;s &#224; des machines.&lt;br class='autobr' /&gt;
On oublie alors que l'&#234;tre humain n'accomplit son existence qu'en raison du sens qu'il donne lui&#8209;m&#234;me &#224; ces r&#233;alit&#233;s. L'homme contemporain voudrait ignorer que si nous mourons, cela a un sens ; si nous avons un corps sexu&#233;, cela a un sens ; si nous devons travailler, cela a un sens ; si nous sommes vuln&#233;rables, cela a un sens ; et si nous sommes impuissants face au mal, cela aussi a un sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort, l'amour, le travail, la vuln&#233;rabilit&#233;, le mal&#8230; Toutes ces r&#233;alit&#233;s incertaines que nous ne supportons plus, nous souhaitons les r&#233;sorber par la technique, pour disposer enfin d'une vie conforme &#224; notre id&#233;e de la vie : sans mort, avec l'amour voulu, sans l'&#226;pret&#233; du travail, invuln&#233;rable et soustraite au pouvoir du mal. C'est l'illusion, diablement ancr&#233;e en chacun de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le christianisme, il n'est pas question de d&#233;livrance magique, mais de salut. J&#233;sus apporte le salut, non pour nous soustraire &#224; la condition humaine, mais pour la conduire &#224; son terme bienheureux. Lui seul d&#233;livre du mal, l'ayant vaincu par l'amour. Sur lui, la mort n'a plus de pouvoir. Il invite quiconque ose lui faire confiance &#224; le suivre, et &#224; faire de sa vie non un bien &#224; pr&#233;server jalousement, mais un don &#224; accomplir. L'&#234;tre humain n'est libre et vivant que s'il entre dans le don de lui&#8209;m&#234;me ; il n'est pas vivant pour lui&#8209;m&#234;me, mais pour rendre t&#233;moignage &#224; Celui qui l'a appel&#233; &#224; la vie par amour, et dont il est l'image et la ressemblance.&lt;br class='autobr' /&gt;
La perte de conscience de cette vocation originelle &#8211; la relation de l'&#234;tre humain &#224; Dieu comme origine et comme fin &#8211; l'expose &#224; la tentation de s'autod&#233;finir et de se fabriquer un monde &#224; sa seule mesure. L'homme sans Dieu ignore que sa v&#233;ritable mesure n'est pas en lui, mais en Celui qui l'a appel&#233; &#224; exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule une relation renouvel&#233;e &#224; Dieu peut faire sortir l'humanit&#233; de la prison technologique qu'elle s'impose. L'humanit&#233; court le risque d'un d&#233;rapage post&#8209;humaniste, o&#249; son identit&#233; se dissout dans une technique toute&#8209;puissante. Elle se perd elle&#8209;m&#234;me lorsque ses propres progr&#232;s lui &#233;chappent. Elle se perd dans le &#171; temps sans fin &#187; promis par la technique, alors que le temps est ordonn&#233; &#224; l'amour, au don de soi. C'est lorsqu'il perd ce sens de la vie, que l'&#234;tre humain pense qu'il doit disposer du droit de mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie m&#234;me du Christ a &#233;t&#233; courte, mais elle a atteint l'essentiel : elle a &#233;t&#233; donn&#233;e par amour, et ce don r&#233;v&#232;le l'&#233;ternit&#233; de Dieu. L'acc&#233;l&#233;ration de l'emprise technologique sur nos vies et nos soci&#233;t&#233;s nous oblige &#224; affronter de nouveau la question du sens de la vie humaine. C'est une urgence pour notre jeunesse, en qu&#234;te du v&#233;ritable horizon de l'existence. Par un &#233;trange effet, plus l'homme d&#233;veloppe un monde technicien plus il creuse sa soif int&#233;rieure d'un monde divin ; il est malgr&#233; lui et providentiellement rendu &#224; sa qu&#234;te initiale de v&#233;rit&#233; en cherchant &#224; &#233;chapper aux effets de ses propres &#339;uvres techniques. La soif spirituelle qui traverse aujourd'hui les jeunes est sans doute la r&#233;ponse inattendue &#224; la vague technologique dont ils ne veulent pas &#234;tre esclaves : une qu&#234;te de v&#233;rit&#233; plus nourrissante que toute efficacit&#233; technique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'intelligence artificielle, une &#233;preuve de v&#233;rit&#233; pour l'&#201;glise</title>
		<link>https://www.serviceproinfo.fr/analyse-decryptage/article/l-intelligence-artificielle-une-epreuve-de-verite-pour-l-eglise</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		 <dc:creator>P&#232;re Laurent Stalla-Bourdillon</dc:creator>
		


		<dc:subject>son</dc:subject>
		<dc:subject>num&#233;rique et communication digitale</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le basculement technologique que nous vivons est d'une telle ampleur qu'il &#233;voque la Renaissance : une p&#233;riode de bouleversement, de promesses et de crises o&#249; vacille un ordre ancien. Aujourd'hui, c'est notre univers mental, social et spirituel qui se recompose sous l'effet de l'intelligence artificielle. L'essor de l'IA place l'&#201;glise catholique devant un dilemme in&#233;dit : comment exercer sa mission dans un monde o&#249; des syst&#232;mes techniques pr&#233;tendent red&#233;finir ce que signifie penser, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.serviceproinfo.fr/mot/numerique-et-communication-digitale" rel="tag"&gt;num&#233;rique et communication digitale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.serviceproinfo.fr/mot/reflexions-critiques-sur-les-systemes-d-information" rel="tag"&gt;r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.serviceproinfo.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/ia-2-d0bc2.jpg?1784602496' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le basculement technologique que nous vivons est d'une telle ampleur qu'il &#233;voque la Renaissance : une p&#233;riode de bouleversement, de promesses et de crises o&#249; vacille un ordre ancien. Aujourd'hui, c'est notre univers mental, social et spirituel qui se recompose sous l'effet de l'intelligence artificielle. L'essor de l'IA place l'&#201;glise catholique devant un dilemme in&#233;dit : comment exercer sa mission dans un monde o&#249; des syst&#232;mes techniques pr&#233;tendent red&#233;finir ce que signifie penser, apprendre, travailler et se relier, sans consid&#233;ration explicite pour ce qu'est une personne humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pape L&#233;on XIV appelle &#224; la vigilance face au d&#233;veloppement technologique, car les inqui&#233;tudes sur l'impact de l'IA sur l'humanit&#233; sont multiples et l&#233;gitimes. L'&#201;glise y voit une occasion urgente de reposer la question d&#233;cisive : que signifie &#234;tre humain, et quelle est la place de l'homme dans un monde d&#233;sormais habit&#233; &#224; la fois par des &#234;tres vivants et par des machines &#171; intelligentes &#187;. Il nous revient la responsabilit&#233; de discerner les usages justes de l'IA : comment construire un avenir commun o&#249; aucune innovation ne soit d&#233;tourn&#233;e au service de la destruction, de la domination ou de l'ali&#233;nation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un dilemme in&#233;dit pour la mission de l'&#201;glise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise catholique n'est pas dupe : elle refuse aussi bien l'optimisme absolu (&#171; l'IA va r&#233;soudre tous les probl&#232;mes &#187;) que l'alarmisme radical qui condamnerait en bloc toute technologie. Les dangers de cette r&#233;volution sont d&#233;j&#224; tr&#232;s pr&#233;occupants pour l'emploi, la d&#233;mocratie, les conflits et les &#233;quilibres sociaux ; la technologie &#171; gagne du terrain &#187; plus vite que les institutions humaines ne parviennent &#224; s'adapter. Les syst&#232;mes d'IA brouillent l'image que l'humanit&#233; se fait d'elle&#8209;m&#234;me, s'interposent entre les personnes et leur environnement, et reconfigurent les m&#233;diations fondamentales de l'existence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour encadrer ce d&#233;veloppement, l'&#201;glise catholique appelle &#224; une coop&#233;ration de toutes les disciplines, dont les sciences, le droit, l'&#233;conomie, la philosophie, et aussi la th&#233;ologie trop souvent marginalis&#233;e dans les d&#233;bats techniques. L'Eglise n'a pas &#224; choisir entre fascination na&#239;ve et condamnation globale, mais &#224; discerner, comme ma&#238;tresse de sagesse, la mani&#232;re d'annoncer l'&#201;vangile dans un environnement num&#233;rique devenu une infrastructure socio&#8209;technique globale, qui conditionne d&#233;j&#224; la vie des individus, des institutions et des peuples. Que dire et que faire quand la technique devient la proth&#232;se implicite de toutes nos activit&#233;s, du travail &#224; la pri&#232;re, de l'&#233;ducation &#224; la vie affective ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un visage triomphaliste de l'IA, incompatible avec l'anthropologie chr&#233;tienne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une partie de l'&#171; industrie IA &#187; affiche un triomphalisme technologique assum&#233; : la pens&#233;e humaine y est vue comme une inefficacit&#233; &#224; corriger, et ce qui distingue l'homme serait un mythe &#224; d&#233;construire. Derri&#232;re le vocabulaire s&#233;duisant de l'innovation se profile une vision inqui&#233;tante de l'humain r&#233;duit &#224; un ensemble de fonctions calculables, optimisables ou rempla&#231;ables. C'est la culture du jetable appliqu&#233;e &#224; l'homme, contre laquelle le pape Fran&#231;ois s'&#233;tait vigoureusement &#233;lev&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224; o&#249; l'&#201;glise annonce l'&#234;tre humain cr&#233;&#233; &#224; l'image de Dieu, dot&#233; d'une dignit&#233; irr&#233;ductible et appel&#233; &#224; engager sa libert&#233; pour entrer dans une vocation &#233;ternelle, certains discours de la Silicon Valley d&#233;crivent un &#234;tre pris dans un continuum techno&#8209;biologique, auquel des syst&#232;mes plus performants pourraient &#8211; ou devraient &#8211; se substituer. Le monde est alors gouvern&#233; par des infrastructures techniques qui consid&#232;rent la vuln&#233;rabilit&#233;, la lenteur et la libert&#233; humaines comme des d&#233;fauts &#224; corriger. Si ce mod&#232;le s'impose, la distance avec la foi chr&#233;tienne devient pratiquement infranchissable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette incompatibilit&#233; de fond conduit certains chr&#233;tiens &#224; refuser toute collaboration avec les grandes plateformes, pour ne pas cautionner, m&#234;me indirectement, une anthropologie qui nie la vocation de la personne humaine. Pourtant, le magist&#232;re r&#233;cent rappelle que l'IA demeure une construction humaine, ambivalente, susceptible de servir le bien ou le mal selon l'orientation donn&#233;e. C'est pourquoi l'&#201;glise a le devoir d'&#234;tre pr&#233;sente, de rencontrer les acteurs de la tech, de comprendre leurs logiques et de faire entendre une parole sur la dignit&#233; de la personne, le travail, la justice sociale, la paix. Ce choix d'engagement suppose une vigilance extr&#234;me pour ne pas devenir &#171; caution morale &#187; d'une industrie qui instrumentaliserait le langage &#233;thique au profit de ses int&#233;r&#234;ts. C'est l&#224; que se situe, pour l'&#201;glise, une tension d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Se retirer ou s'engager ? Une troisi&#232;me voie de discernement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re tentation serait de se retirer du champ technologique : se tenir &#224; distance, refuser tout dialogue, au risque de laisser les logiques industrielles d&#233;cider seules de la forme du monde. Une autre tentation serait de se fondre dans le consensus technophile, en n'apportant qu'un vernis &#233;thique &#224; des choix d&#233;j&#224; arr&#234;t&#233;s ailleurs. Entre fuite et b&#233;n&#233;diction de fa&#231;ade, la tradition catholique propose une troisi&#232;me voie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis saint Augustin, l'&#201;glise sait la concomitance de la &#171; Cit&#233; de Dieu &#187;, qui &#233;claire sa route, et de la &#171; Cit&#233; des hommes &#187;, dans laquelle elle est plong&#233;e. Elle ne peut idol&#226;trer les puissances terrestres, ni se r&#233;fugier dans une forteresse purement spirituelle. Elle est appel&#233;e &#224; dialoguer, contester, purifier et orienter. Ce r&#244;le critique et proph&#233;tique se manifeste dans la r&#233;flexion r&#233;cente du magist&#232;re : seule la personne humaine est dot&#233;e d'une v&#233;ritable intelligence et d'une responsabilit&#233; morale, mais les techniques d'IA peuvent contribuer au bien commun si elles sont clairement mises au service de la dignit&#233;, de la justice et de la paix.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le num&#233;rique, enjeu de puissance et d'emprise cognitive&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme le rappelait r&#233;cemment Clara Chappaz, &#171; le num&#233;rique n'est plus une affaire de tuyauterie : c'est un v&#233;ritable enjeu de puissance g&#233;opolitique &#187;. Au c&#339;ur de ce basculement se trouve l'algorithme, devenu un instrument d'influence, de modelage des repr&#233;sentations et d'emprise cognitive. Ce qui est en jeu au-del&#224; de l'efficacit&#233; des outils, c'est la configuration des imaginaires et la libert&#233; int&#233;rieure des personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s lors, le d&#233;bat sur l'IA ne se r&#233;duit plus &#224; des questions techniques. Il touche les rapports de force entre &#201;tats, la souverainet&#233; des peuples, la circulation de l'information, mais aussi la structuration des passions collectives, des peurs et des d&#233;sirs. L'IA devient une &#171; fabrique &#187; de r&#233;cits, de biais et de polarisations qui peuvent exacerber les fractures sociales et politiques. Devant de tels enjeux, l'&#201;glise ne peut rester simple spectatrice : sa mission de formation des consciences l'oblige &#224; d&#233;voiler les m&#233;canismes d'emprise et &#224; promouvoir une culture de la libert&#233; int&#233;rieure, capable de r&#233;sister &#224; la manipulation des donn&#233;es et des affects. En ce sens, le pape L&#233;on XIV a d&#233;j&#224; fait du retour &#224; la vie int&#233;rieure, un axe clair de son pontificat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'urgence de l'interpr&#233;tabilit&#233; : comprendre nos &#171; cr&#233;atures &#187; num&#233;riques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'exigence d'interpr&#233;tabilit&#233; est un appel cat&#233;gorique &#224; la transparence. Du point de vue &#233;thique, il est inacceptable que l'humanit&#233; demeure aveugle au fonctionnement de syst&#232;mes appel&#233;s &#224; structurer nos d&#233;cisions les plus ordinaires : recruter, soigner, attribuer des droits, orienter des &#233;l&#232;ves, et par-dessus tout surveiller des populations. Comprendre nos propres cr&#233;ations ou nos &#171; cr&#233;atures &#187; num&#233;riques &#8211; avant qu'elles ne remod&#232;lent en profondeur nos soci&#233;t&#233;s est un imp&#233;ratif moral.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'IA se distingue des logiciels traditionnels : beaucoup de syst&#232;mes ne se contentent pas d'ex&#233;cuter des instructions, ils sont entra&#238;n&#233;s sur d'immenses corpus de donn&#233;es, d&#233;veloppent des m&#233;canismes internes impr&#233;vus et souvent difficilement interpr&#233;tables, y compris par leurs concepteurs. Cette opacit&#233; constitutive, sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire des technologies, est &#224; la racine de risques majeurs : comportements impr&#233;visibles, manipulations au service de strat&#233;gies de pouvoir, discriminations silencieuses, impossibilit&#233; d'expliquer des d&#233;cisions dans des secteurs o&#249; la transparence est une exigence juridique et d&#233;mocratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les enjeux &#233;thiques et sociaux de l'IA ne sauraient &#234;tre rel&#233;gu&#233;s au second plan. Ils appellent de nouvelles formes de gouvernance, o&#249; l'interpr&#233;tabilit&#233; et la tra&#231;abilit&#233; des mod&#232;les ne sont plus un luxe, mais une obligation. Les pouvoirs publics ont le devoir d'imposer des cadres de responsabilit&#233; qui rendent effectives la transparence, la s&#233;curit&#233;, la protection des plus vuln&#233;rables. Les institutions culturelles, &#233;ducatives et religieuses, quant &#224; elles, ont la mission d'&#233;veiller les consciences et de pr&#233;parer les esprits &#224; cette course contre la montre o&#249; se joue le visage humain du progr&#232;s technologique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une crise anthropologique, sociale et &#233;conomique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les technologies d'IA reconfigurent en profondeur les m&#233;diations fondamentales de l'existence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au plan anthropologique, elles brouillent la fronti&#232;re entre personne et artefact. Robots conversationnels, avatars interactifs, compagnons &#171; &#233;motionnels &#187; favorisent l'illusion d'une relation r&#233;ciproque l&#224; o&#249; il n'y a ni &#226;me, ni libert&#233;, mais seulement un calcul sophistiqu&#233;. La r&#233;flexion eccl&#233;siale met en garde contre un &#171; isolement nuisible &#187; et juge gravement probl&#233;matique toute anthropomorphisation de l'IA, surtout aupr&#232;s des enfants et des plus fragiles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au plan social, la g&#233;n&#233;ralisation des syst&#232;mes algorithmiques dans l'&#233;ducation, la sant&#233;, la s&#233;curit&#233; ou l'administration risque de cr&#233;er des in&#233;galit&#233;s nouvelles. Ceux qui contr&#244;lent les infrastructures techniques d&#233;tiennent un pouvoir d&#233;mesur&#233; sur les flux d'information, les r&#233;putations, l'acc&#232;s aux droits et aux ressources.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au plan &#233;conomique enfin, l'automatisation et les agents autonomes transforment le travail, entra&#238;nant la disparition de certains m&#233;tiers, la pr&#233;carisation d'autres, et une concentration accrue du capital technologique entre les mains de quelques acteurs. Des millions de vies seront affect&#233;es par ces mutations, parfois sans filet de protection.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; ces bouleversements, la doctrine sociale de l'&#201;glise rappelle que les choix technologiques sont profond&#233;ment politiques et spirituels : ils expriment une certaine id&#233;e de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. On ne peut laisser seuls les &#201;tats et les entreprises n&#233;gocier l'&#233;quilibre entre innovation et risques ; le discernement sur l'IA doit devenir un lieu de dialogue entre sciences, politique, &#233;conomie, culture et foi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Entre mal &#224; l'&#339;uvre et travail de l'Esprit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec l'IA et sa puissance, se pose &#224; nouveau la question du mal, que l'on croyait avoir rel&#233;gu&#233;e derri&#232;re le vocabulaire neutre du &#171; risque &#187;. L'&#201;glise affirme que le Mal est r&#233;el et agit dans l'histoire, non seulement &#224; travers les intentions individuelles, mais aussi dans des syst&#232;mes qui banalisent l'injustice, l'inhumanit&#233; et l'oubli de Dieu. Elle ne peut se laisser fasciner par la nouveaut&#233; au point d'oublier le discernement des esprits.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'IA peut devenir un vecteur redoutable de mensonge (la d&#233;sinformation de masse), de manipulation (le profilage comportemental), de violence (les armes autonomes), de r&#233;duction de la personne &#224; des donn&#233;es exploitables et monnayables. L'&#201;glise affirme en m&#234;me temps que l'Esprit Saint est pr&#233;sent &#224; la vie du monde et en dirige le cours : rien de ce que l'homme construit n'est hors du champ possible de la gr&#226;ce. Des progr&#232;s techniques peuvent &#234;tre mis au service de la vie &#8211; le soin des malades, l'aide &#224; la d&#233;cision m&#233;dicale, l'all&#232;gement de t&#226;ches p&#233;nibles, l'am&#233;lioration de l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation &#8211; &#224; condition qu'ils soient ordonn&#233;s par une v&#233;ritable anthropologie de la relation et une option pr&#233;f&#233;rentielle pour les pauvres.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vraie question n'est pas : &#171; L'IA est&#8209;elle bonne ou mauvaise ? &#187;, mais : &#171; &#192; quel esprit ob&#233;issent nos choix technologiques ? Servent&#8209;ils la communion, la justice, la contemplation, ou renforcent&#8209;ils la logique de puissance, de profit et de contr&#244;le ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une position de sagesse : rappeler l'humain, orienter la technique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce dilemme, la position de l'&#201;glise peut se r&#233;sumer en trois insistances :&lt;br class='autobr' /&gt;
1/ R&#233;affirmer l'unicit&#233; de la personne humaine. Seule la personne, cr&#233;&#233;e &#224; l'image de Dieu, est sujet de droits, de devoirs et de responsabilit&#233; morale. Aucun syst&#232;me technique, si performant soit&#8209;il, ne peut &#234;tre trait&#233; comme un &#233;quivalent de la personne. Anthropomorphiser l'IA, la pr&#233;senter comme un &#171; quelqu'un &#187;, est une faute morale qui brouille les rep&#232;res, surtout pour les plus vuln&#233;rables. Seul l'humain humanise vraiment.&lt;br class='autobr' /&gt;
2/ Discerner les usages l&#233;gitimes et ceux qui doivent &#234;tre refus&#233;s. Il s'agit d'encourager les d&#233;veloppements qui servent clairement la dignit&#233; humaine et le bien commun (sant&#233;, &#233;ducation, environnement, accessibilit&#233;), tout en interdisant sans h&#233;sitation certains usages : armes l&#233;tales autonomes, syst&#232;mes de surveillance de masse, manipulations affectives, exploitation de la vuln&#233;rabilit&#233;, discriminations automatis&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
3/ Former les consciences et approfondir l'anthropologie chr&#233;tienne. &#192; l'essor des technologies doit correspondre un essor de la th&#233;ologie et de la philosophie. Sans une vision claire de la personne &#8211; &#234;tre en relation, dou&#233; d'une vocation, appel&#233; &#224; la libert&#233; et &#224; la communion avec Dieu &#8211; toute &#171; &#233;thique de l'IA &#187; risque de n'&#234;tre qu'un d&#233;cor. L'&#201;glise veut aider chacun &#224; ne pas d&#233;l&#233;guer son jugement &#224; des syst&#232;mes, &#224; r&#233;sister &#224; la paresse intellectuelle et spirituelle qui laisse la machine penser &#224; sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette t&#226;che, l'&#201;glise catholique ne parle pas en experte technicienne, mais comme servante de la Sagesse pour le bien de tous. Chaque personne, jusque dans sa fragilit&#233;, vaut plus que toutes les performances techniques r&#233;unies.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi se clarifie le dilemme : l'&#201;glise ne peut ni se rendre complice de logiques qui d&#233;figurent l'humanit&#233;, ni abandonner le champ de la technique aux seuls int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. Elle rappelle que c'est &#224; partir du c&#339;ur, de l'amour dont l'&#234;tre humain est capable, que tout se d&#233;cide pour le meilleur ou pour le pire. Elle appelle chacun &#224; d&#233;cider en conscience, &#224; oser la libert&#233; pour le bien commun, &#224; laisser l'Esprit Saint orienter ce nouvel &#226;ge des technologies vers la manifestation de la gloire de Dieu et de la beaut&#233; de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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 <item xml:lang="fr">
		<title>Quand la th&#233;ologie prot&#232;ge la parole &#224; l'&#232;re des IA</title>
		<link>https://www.serviceproinfo.fr/analyse-decryptage/article/quand-la-theologie-protege-la-parole-a-l-ere-des-ia</link>
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		<dc:date>2026-04-21T05:11:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		 <dc:creator>P&#232;re Laurent Stalla-Bourdillon</dc:creator>
		


		<dc:subject>num&#233;rique et communication digitale</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#234;tre humain est un tout indissociable de corps et d'esprit : cette conviction traverse, depuis des si&#232;cles, de nombreuses approches philosophiques ainsi que les grandes traditions religieuses. La Bible et la tradition chr&#233;tienne l'affirment sans d&#233;tour : l'&#234;tre humain, dou&#233; d'esprit, est cr&#233;&#233; &#224; l'image de Dieu. Cette conception s'oppose &#224; deux r&#233;ductions sym&#233;triques : d'un c&#244;t&#233;, l'id&#233;e que nous serions de simples agr&#233;gats de neurones, et que la pens&#233;e ne serait que le r&#233;sultat d'activit&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.serviceproinfo.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/machine-13ad7.jpg?1784756921' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#234;tre humain est un tout indissociable de corps et d'esprit : cette conviction traverse, depuis des si&#232;cles, de nombreuses approches philosophiques ainsi que les grandes traditions religieuses. La Bible et la tradition chr&#233;tienne l'affirment sans d&#233;tour : l'&#234;tre humain, dou&#233; d'esprit, est cr&#233;&#233; &#224; l'image de Dieu. Cette conception s'oppose &#224; deux r&#233;ductions sym&#233;triques : d'un c&#244;t&#233;, l'id&#233;e que nous serions de simples agr&#233;gats de neurones, et que la pens&#233;e ne serait que le r&#233;sultat d'activit&#233;s c&#233;r&#233;brales ; de l'autre, une spiritualit&#233; d&#233;sincarn&#233;e qui oublierait que toute pens&#233;e passe par un corps vivant.&lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#233;ologie classique parle de l'&#234;tre humain comme d'un &#171; compos&#233; corps&#8209;&#226;me &#187;, en insistant sur l'unit&#233; de ces deux dimensions plut&#244;t que sur leur opposition. L'esprit se forme &#224; travers la totalit&#233; de notre &#234;tre : affectivit&#233;, m&#233;moire, sensations... La pens&#233;e est ins&#233;parable de tout ce que vit le corps dans ses postures et ses mouvements. Autrement dit, nos neurones ne &#171; pensent &#187; pas : ils traitent une exp&#233;rience qui est d'abord corporelle et relationnelle. La pens&#233;e s'&#233;labore ailleurs que dans le cerveau pris isol&#233;ment : elle n'est pas une simple production c&#233;r&#233;brale. L'&#226;me seule est dou&#233;e de facult&#233;s spirituelles et re&#231;oit du corps un ensemble d'informations qu'elle interpr&#232;te. La pens&#233;e na&#238;t de l'exp&#233;rience v&#233;cue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui manque &#224; l'intelligence artificielle, c'est pr&#233;cis&#233;ment une &#226;me et un corps. Elle n'est pas un sujet de l'histoire, mais un objet sans histoire, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire sans destin&#233;e ni vocation &#224; accomplir. Une IA peut manipuler des symboles, g&#233;n&#233;rer des textes, reconna&#238;tre des formes, mais elle ne sait pas ce que signifie &#171; attendre quelqu'un &#187;, &#171; manquer une occasion &#187;, &#171; avoir froid &#187;, &#171; &#234;tre consol&#233; &#187;. Elle ignore ce qu'est la joie de la v&#233;rit&#233;, le chagrin du deuil, le d&#233;sir de paix. Notre pens&#233;e humaine se tisse &#224; partir de ces exp&#233;riences, et nous garde sur une trajectoire de vie, orient&#233;e vers un but, avec la conscience du terme : la mort. L'agent conversationnel ressemble davantage &#224; un &#171; flux logique &#187; sans faille existentielle, sans moi vuln&#233;rable, sans alt&#233;rit&#233; int&#233;rieure. Au fond, il n'y a pas de v&#233;ritable libert&#233;. Se pourrait-il que ces compagnons num&#233;riques soient une conspiration contre notre libert&#233; ? La question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e, tant de signes y invitent.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224; o&#249; l'esprit humain est travaill&#233; par la r&#233;sistance du r&#233;el, par la souffrance, par l'erreur, par la rencontre de l'autre, la machine encha&#238;ne des op&#233;rations sans que rien de ce qu'elle produit ne la transforme de l'int&#233;rieur. Il n'y a pas d'int&#233;riorit&#233; dans l'intelligence artificielle. Elle ne fait pas l'exp&#233;rience d'une libert&#233;. Et sans libert&#233;, il n'y a pas d'amour. L'IA devient alors une puissance technique qui risque de soustraire le monde - et notre vie - au pouvoir de l'amour.&lt;br class='autobr' /&gt;
La parole, signe d'une relation incarn&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette logique vaut aussi, analogiquement, pour la parole humaine. La parole authentique, notre logos, n'existe que dans une relation et, ici&#8209;bas, jamais sans un corps qui parle. Elle est port&#233;e par un souffle, inscrite dans un visage, un ton de voix, une pr&#233;sence. La parole est relationnelle par essence. Elle est un effet de l'amour du Cr&#233;ateur et doit permettre &#224; la cr&#233;ature que nous sommes de s'accomplir dans l'amour. C'est pourquoi l'on reconna&#238;t qu'un &#234;tre humain peut donner la vie aussi par sa parole : la parole fait vivre. L'&#234;tre humain doit assimiler des paroles pour vivre psychiquement, autant qu'il doit respirer pour vivre physiquement. La capacit&#233; d'&#233;couter, de promettre, de consoler, de demander pardon, de se donner est vitale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une machine, si sophistiqu&#233;e soit&#8209;elle, produit des phrases mais ne &#171; parle &#187; pas au sens fort. Elle n'a ni souffle, ni chair, ni histoire personnelle. Elle ne se re&#231;oit pas d'un autre et n'engage pas son &#234;tre dans ce qu'elle dit. Son &#171; dialogue &#187; n'est qu'une simulation calcul&#233;e de r&#233;ponses probables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un agent conversationnel donne l'illusion d'une relation. En r&#233;alit&#233;, il n'offre qu'une interaction avec un calculateur et, plus encore, avec une entreprise technologique qui rentabilise les mots de l'utilisateur. Vouloir faire passer cette simulation pour une parole &#233;quivalente &#224; la parole humaine revient &#224; accepter une tromperie : celle d'une vie d&#233;sincarn&#233;e, d'un logos sans chair, d'une voix sans sujet. La tentation de lui attribuer une personnalit&#233; &#8211; voire une dignit&#233; analogue &#224; celle d'une personne humaine &#8211; rel&#232;ve alors d'une grave confusion anthropologique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Garder aux technologies la place d'outils&lt;br class='autobr' /&gt;
Les technologies num&#233;riques et l'intelligence artificielle sont de puissants outils, capables de rendre de grands services, y compris pour la recherche, la communication ou l'annonce de l'&#201;vangile. Mais elles doivent rester ce qu'elles sont : des moyens au service de personnes, et non des quasi&#8209;sujets auxquels nous d&#233;l&#233;guerions notre parole et notre responsabilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le risque de nous habituer &#224; une parole d&#233;sincarn&#233;e, qui circule sans visage ni responsabilit&#233;, est immense. De m&#234;me, celui de traiter les personnes comme de simples interfaces interchangeables, alors qu'elles sont des vis&#8209;&#224;&#8209;vis uniques, appel&#233;s par Dieu &#224; une vocation singuli&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme le rappelait si justement la philosophe Gabrielle Halpern &#171; se projeter dans l'avenir est un art de la volont&#233; : l'avenir se veut ! &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;https://www.la-croix.com/&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Demandons&#8209;nous alors &#224; qui nous voulons donner notre parole : &#224; des machines, qui la reproduisent sans jamais la recevoir, ou &#224; des &#234;tres humains, seuls capables de l'accueillir et d'y r&#233;pondre ? La dignit&#233; de notre parole tient pr&#233;cis&#233;ment &#224; cela : elle peut accomplir l'autre, lui ouvrir un avenir, parce qu'elle vient d'une &#226;me vivante, marqu&#233;e de l'empreinte divine et promise &#224; la vie &#233;ternelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#244;le de la th&#233;ologie et la place d'une anthropologie r&#233;v&#233;l&#233;e s'affirment &#224; mesure que progressent les technologies. On peut vous refuser votre dignit&#233; de personne en vous assimilant &#224; un animal ou &#224; une machine, mais on peut aussi ali&#233;ner sa propre dignit&#233; en choisissant de parler &#224; des machines comme si elles &#233;taient des personnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une immense responsabilit&#233; que de savoir r&#233;server ce qui donne la vie, la parole, &#224; celles et ceux qui l'attendent vraiment et qui, en la recevant, en seront vivifi&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-croix.com/a-vif/se-projeter-dans-l-avenir-est-un-art-de-la-volonte-20260418&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.la-croix.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La guerre, scandale pour toute la famille humaine : jusqu'&#224; quand ?</title>
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		<dc:date>2026-03-24T08:13:41Z</dc:date>
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		 <dc:creator>P&#232;re Laurent Stalla-Bourdillon</dc:creator>
		


		<dc:subject>r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;thique, v&#233;rit&#233;, manipulation</dc:subject>

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&lt;p&gt;Face aux drames qui d&#233;chirent notre monde, la voix du Pape L&#233;on XIV retentit comme un appel pressant &#224; ne pas c&#233;der &#224; l'indiff&#233;rence. Il invite &#224; porter dans la pri&#232;re la souffrance des peuples meurtris, et &#224; entrer dans une intelligence plus profonde des chemins de la paix. Prier pour la paix, c'est d&#233;j&#224; consentir &#224; se laisser transformer, afin de r&#233;aliser les conditions concr&#232;tes d'une fraternit&#233; v&#233;ritable entre les nations. &#171; Je continue &#224; suivre avec consternation la situation au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.serviceproinfo.fr/analyse-decryptage/" rel="directory"&gt;Analyse - d&#233;cryptage&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.serviceproinfo.fr/mot/reflexions-critiques-sur-les-systemes-d-information" rel="tag"&gt;r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.serviceproinfo.fr/mot/ethique-verite-manipulation" rel="tag"&gt;&#233;thique, v&#233;rit&#233;, manipulation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.serviceproinfo.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/leonxiv-eca85.jpg?1784749738' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Face aux drames qui d&#233;chirent notre monde, la voix du Pape L&#233;on XIV retentit comme un appel pressant &#224; ne pas c&#233;der &#224; l'indiff&#233;rence. Il invite &#224; porter dans la pri&#232;re la souffrance des peuples meurtris, et &#224; entrer dans une intelligence plus profonde des chemins de la paix. Prier pour la paix, c'est d&#233;j&#224; consentir &#224; se laisser transformer, afin de r&#233;aliser les conditions concr&#232;tes d'une fraternit&#233; v&#233;ritable entre les nations.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Je continue &#224; suivre avec consternation la situation au Moyen-Orient, ainsi que dans d'autres r&#233;gions du monde d&#233;chir&#233;es par la guerre et la violence. Nous ne pouvons rester silencieux face &#224; la souffrance de tant de personnes sans d&#233;fense, victimes de ces conflits. Ce qui les blesse, blesse l'humanit&#233; tout enti&#232;re. La mort et la douleur provoqu&#233;es par ces guerres sont un scandale pour toute la famille humaine et un cri lanc&#233; vers Dieu ! Je r&#233;it&#232;re avec force l'appel &#224; pers&#233;v&#233;rer dans la pri&#232;re, afin que cessent les hostilit&#233;s et s'ouvrent enfin des chemins de paix fond&#233;s sur un dialogue sinc&#232;re et sur le respect de la dignit&#233; de chaque personne humaine. &#187; (Pape L&#233;on XIV, 22 mars 2026)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; mesure que les semaines passent, la lettre du Pape Fran&#231;ois, &#171; Fratelli tutti, sur la fraternit&#233; &#187;, se r&#233;v&#232;le, elle aussi, comme un appel proph&#233;tique adress&#233; &#224; l'humanit&#233; enti&#232;re. Il y annon&#231;ait les d&#233;fis qu'elle aurait &#224; relever et les conditions de la pr&#233;servation de la paix entre les nations. Il disait qu'il &#171; est pr&#233;visible que, face &#224; l'&#233;puisement de certaines ressources, se cr&#233;e progressivement un sc&#233;nario favorable &#224; de nouvelles guerres, d&#233;guis&#233;es en revendications nobles &#187;. (n&#176;17) Nous y sommes, et les guerres seront les cons&#233;quences des besoins &#233;nerg&#233;tiques des nations. C'est pourquoi il exhortait &#224; comprendre qu' &#171; une paix r&#233;elle et durable n'est possible qu'&#224; partir d'une &#233;thique globale de solidarit&#233; et de coop&#233;ration au service d'un avenir fa&#231;onn&#233; par l'interd&#233;pendance et la coresponsabilit&#233; au sein de toute la famille humaine &#187; (n&#176;127).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces trois mots &#8211; coop&#233;ration, interd&#233;pendance, coresponsabilit&#233; &#8211; seront les piliers de la paix dans le monde. Ils constituent les principes fondamentaux de l'&#233;cologie sociale et de la fraternit&#233; authentique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



 <item xml:lang="fr">
		<title>Guerre en Iran : &#171; Le mot &#8220;frappes&#8221; est un &#233;cran qui masque la r&#233;alit&#233; des visages des civils bless&#233;s, des morts &#187;</title>
		<link>https://www.serviceproinfo.fr/tribune/article/guerre-en-iran-le-mot-frappes-est-un-ecran-qui-masque-la-realite-des-visages</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		 <dc:creator>P&#232;re Laurent Stalla-Bourdillon</dc:creator>
		


		<dc:subject>num&#233;rique et communication digitale</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la guerre au Moyen-Orient, les cha&#238;nes d'information en continu utilisent &#224; profusion le mot &#171; frappes &#187;, un terme technique et froid, rel&#232;ve Laurent Stalla-Bourdillon. Selon lui, le d&#233;fi des m&#233;dias devrait &#234;tre de rendre compte de l'atrocit&#233; de la guerre sans la transformer en spectacle. &lt;br class='autobr' /&gt; Sur les bandeaux des cha&#238;nes d'information en continu, les m&#234;mes formules tournent en boucle comme un refrain hypnotique : &#171; frappes en Iran &#187;, &#171; Isra&#235;l a frapp&#233; &#187;, &#171; l'Iran a frapp&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.serviceproinfo.fr/tribune/" rel="directory"&gt;Tribune&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.serviceproinfo.fr/mot/reflexions-critiques-sur-les-systemes-d-information" rel="tag"&gt;r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la guerre au Moyen-Orient, les cha&#238;nes d'information en continu utilisent &#224; profusion le mot &#171; frappes &#187;, un terme technique et froid, rel&#232;ve Laurent Stalla-Bourdillon. Selon lui, le d&#233;fi des m&#233;dias devrait &#234;tre de rendre compte de l'atrocit&#233; de la guerre sans la transformer en spectacle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur les bandeaux des cha&#238;nes d'information en continu, les m&#234;mes formules tournent en boucle comme un refrain hypnotique : &#171; frappes en Iran &#187;, &#171; Isra&#235;l a frapp&#233; &#187;, &#171; l'Iran a frapp&#233; &#187;, &#171; nouvelles frappes de repr&#233;sailles &#187;, &#171; frappes cibl&#233;es &#187;, &#171; frappes massives &#187;, jusqu'au presque absurde &#171; des frappes ont frapp&#233;&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, on ne dit plus que des quartiers ont &#233;t&#233; ravag&#233;s, que des habitations se sont effondr&#233;es, que des enfants ont &#233;t&#233; ensevelis, que des familles ont &#233;t&#233; d&#233;cim&#233;es. On se contente d'additionner des missiles, des &#171; cibles &#187;, des zones touch&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce qui est frapp&#233;, c'est notre capacit&#233; d'empathie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fi des m&#233;dias, en temps de guerre, devrait &#234;tre de rendre compte de son atrocit&#233; sans la transformer en spectacle. Que devient ce devoir lorsqu'une cha&#238;ne d'information est avant tout une machine &#224; audience ? Comment dire la guerre dans les m&#233;dias ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Frappe &#187; est un mot qui se veut descriptif, factuel et presque hygi&#233;nique. Le mot devient un &#233;cran qui masque la r&#233;alit&#233; des visages des civils bless&#233;s, des morts, des proches qui cherchent le corps d'un parent dans les d&#233;combres. La guerre est le th&#233;&#226;tre de la mort, mais dire la mort est devenu obsc&#232;ne et impossible aux m&#233;dias, qui la montrent &#224; distance. Le besoin de spectaculaire impose l'oubli du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est frapp&#233;, alors, c'est notre capacit&#233; d'empathie. &#192; force de &#171; frappes &#187; r&#233;p&#233;t&#233;es, on ne sait plus tr&#232;s bien qui tombe. Les morts s'effacent derri&#232;re le mot, comme si &#171; frapper &#187; suffisait &#224; tout dire et plus le mot revient, plus il se d&#233;couple de la r&#233;alit&#233; qu'il d&#233;signe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parole ne s'oriente plus vers la justice ou la paix. &#171; Frappe &#187; joue alors le r&#244;le d'un slogan informationnel : un mot&#8209;signal qui attire l'attention, ouvre les journaux, capte l'audience en promettant du spectaculaire, des &#171; images fortes &#187; d'immeubles pulv&#233;ris&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une question &#233;thique et spirituelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de bannir ce terme &#8211; il d&#233;crit une r&#233;alit&#233; militaire &#8211; ni de refuser d'informer sur la violence des bombardements. Il s'agit de voir ce que son usage r&#233;v&#232;le de notre regard : nous courons le risque de nous installer dans le commentaire technique, plut&#244;t que dans la douleur inconfortable des blessures inflig&#233;es. Le langage n'est jamais neutre. C'est &#224; une conversion du regard que ce mot nous appelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut&#8209;&#234;tre faudrait&#8209;il, chaque fois que l'on prononce &#171; frappe &#187;, se forcer &#224; poser, au moins int&#233;rieurement, trois questions simples : qui est frapp&#233;, concr&#232;tement ? Quel visage manque d&#233;sormais autour d'une table familiale ? Quelle ville, quel h&#244;pital, quelle &#233;cole sont devenus un tas de gravats ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'est pas seulement journalistique. Elle est &#233;thique et spirituelle. Quel usage faisons&#8209;nous de notre parole quand nous la mettons au service de la fascination plut&#244;t qu'au service de la compassion ? Le mot de la semaine, &#171; frappe &#187;, est un r&#233;v&#233;lateur : il fascine mais ne fait pas pleurer et ne nous met pas &#224; genoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie question est de savoir quand, collectivement, nous accepterons de regarder le drame de la guerre en v&#233;rit&#233;, de nommer les victimes avant les missiles, et de d&#233;noncer les frappes pour ce qu'elles sont : des blessures inflig&#233;es &#224; la fragile beaut&#233; de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La pri&#232;re du pape L&#233;on XIV&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Concluons avec ces extraits de la pri&#232;re du pape L&#233;on XIV :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Seigneur de la Vie, toi qui as fa&#231;onn&#233; chaque &#234;tre humain &#224; ton image et ressemblance, nous croyons que tu nous as cr&#233;&#233;s pour la communion, non pour la guerre, pour la fraternit&#233;, non pour la destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sarme nos c&#339;urs de la haine, du ressentiment et de l'indiff&#233;rence, afin que nous devenions des instruments de r&#233;conciliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que chaque parole bienveillante, chaque geste de r&#233;conciliation et chaque choix de dialogue soient les semences d'un monde nouveau. Amen.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



 <item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Frappe &#187; : le mot de la guerre dans les m&#233;dias </title>
		<link>https://www.serviceproinfo.fr/analyse-decryptage/article/frappe-le-mot-de-la-guerre-dans-les-medias</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		 <dc:creator>P&#232;re Laurent Stalla-Bourdillon</dc:creator>
		


		<dc:subject>r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information</dc:subject>
		<dc:subject>force des images, philosophie de l'image</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;thique, v&#233;rit&#233;, manipulation</dc:subject>
		<dc:subject>vid&#233;o</dc:subject>

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&lt;p&gt;Sur les bandeaux des cha&#238;nes d'information en continu, les m&#234;mes formules tournent en boucle comme un refrain hypnotique : &#171; frappes en Iran &#187;, &#171; Isra&#235;l a frapp&#233; &#187;, &#171; l'Iran a frapp&#233; &#187;, &#171; nouvelles frappes de repr&#233;sailles &#187;, &#171; frappes cibl&#233;es &#187;, &#171; frappes massives &#187;, jusqu'au presque absurde &#171; des frappes ont frapp&#233;&#8230; &#187;. &#192; force d'&#234;tre martel&#233;, le mot s'use et devient un simple bruit de fond. Pendant ce temps, on ne dit plus que des quartiers ont &#233;t&#233; ravag&#233;s, que des habitations se sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.serviceproinfo.fr/analyse-decryptage/" rel="directory"&gt;Analyse - d&#233;cryptage&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.serviceproinfo.fr/mot/reflexions-critiques-sur-les-systemes-d-information" rel="tag"&gt;r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.serviceproinfo.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/ok-7-c1c26.jpg?1784630957' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur les bandeaux des cha&#238;nes d'information en continu, les m&#234;mes formules tournent en boucle comme un refrain hypnotique : &#171; frappes en Iran &#187;, &#171; Isra&#235;l a frapp&#233; &#187;, &#171; l'Iran a frapp&#233; &#187;, &#171; nouvelles frappes de repr&#233;sailles &#187;, &#171; frappes cibl&#233;es &#187;, &#171; frappes massives &#187;, jusqu'au presque absurde &#171; des frappes ont frapp&#233;&#8230; &#187;. &#192; force d'&#234;tre martel&#233;, le mot s'use et devient un simple bruit de fond. Pendant ce temps, on ne dit plus que des quartiers ont &#233;t&#233; ravag&#233;s, que des habitations se sont effondr&#233;es, que des enfants ont &#233;t&#233; ensevelis, que des familles ont &#233;t&#233; d&#233;cim&#233;es. On se contente d'additionner des missiles, des &#171; cibles &#187;, des zones touch&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;fi des m&#233;dias, en temps de guerre, devrait &#234;tre de rendre compte de son atrocit&#233; sans la transformer en spectacle. Que devient ce devoir lorsqu'une cha&#238;ne d'information est avant tout une machine &#224; audience ? Comment dire la guerre dans les m&#233;dias ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Frappe &#187; est un mot commode : bref, martial, technique. Il condense en une syllabe toute une cha&#238;ne de trajectoire, d'impact, d'explosion &#8211; tout en masquant ce qui en est la cible : les vies. Le vocabulaire se veut descriptif, factuel et presque hygi&#233;nique. Y a-t-il &#171; des frappes &#187; comme il y a &#171; des pluies orageuses &#187; ou &#171; des vagues de chaleur &#187; ? Le mot devient un &#233;cran. Les vid&#233;os spectaculaires, des images d'immeubles qui s'effondrent masquent la r&#233;alit&#233; des visages : ceux des civils bless&#233;s, des morts, des proches qui cherchent le corps d'un parent, d'un ami dans les d&#233;combres. La guerre est le th&#233;&#226;tre de la mort, mais dire la mort est devenu obsc&#232;ne et impossible aux m&#233;dias, qui la montre &#224; distance. Le besoin de spectaculaire impose l'oubli du r&#233;el.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est frapp&#233;, au fond, c'est notre capacit&#233; d'empathie. Le r&#233;cit m&#233;diatique se fixe sur la cin&#233;matique des missiles, et les options des &#233;tats-majors. Les bless&#233;s et les endeuill&#233;s restent hors champ. Dans cette grammaire de la violence, le verbe &#171; frapper &#187; organise l'escalade :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#171; X a frapp&#233; &#187; : et c'est l'accomplissement technique d'une performance.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#171; X va frapper &#187; : et c'est le suspense et la promesse d'images &#224; venir.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#171; X menace de frapper &#187; : et c'est la dramaturgie permanente.&lt;br class='autobr' /&gt;
La parole ne s'oriente plus vers la justice ou la paix. &#171; Frappe &#187; joue alors le r&#244;le d'un slogan informationnel : un mot&#8209;signal qui attire l'attention, ouvre les journaux, capte l'audience en promettant du spectaculaire, des &#171; images fortes &#187; d'immeubles pulv&#233;ris&#233;s. Plus le mot revient, plus il se d&#233;couple de la r&#233;alit&#233; qu'il d&#233;signe. &#192; force de &#171; frappes &#187; r&#233;p&#233;t&#233;es, on ne sait plus tr&#232;s bien qui tombe. Les morts s'effacent derri&#232;re le mot, comme si &#171; frapper &#187; suffisait &#224; tout dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit pas de bannir ce terme &#8211; il d&#233;crit une r&#233;alit&#233; militaire &#8211; ni de refuser d'informer sur la violence des bombardements. Il s'agit de voir ce que son usage r&#233;v&#232;le de notre regard : nous courons le risque de nous installer dans le commentaire technique, plut&#244;t que dans la douleur inconfortable des blessures inflig&#233;es. Le langage n'est jamais neutre. &#192; force de parler de &#171; frappes &#187; sans parler des frapp&#233;s, nous nous habituons &#224; une vision du monde o&#249; l'on regarde la guerre d'en haut, et jamais d'en bas, du point de vue des victimes. C'est &#224; une conversion du regard que ce mot nous appelle. Peut&#8209;&#234;tre faudrait&#8209;il, chaque fois que l'on prononce &#171; frappe &#187;, se forcer &#224; poser, au moins int&#233;rieurement, trois questions simples :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Qui est frapp&#233;, concr&#232;tement ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Quel visage manque d&#233;sormais autour d'une table familiale ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Quelle ville, quel h&#244;pital, quelle &#233;cole sont devenus un tas de gravats ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors seulement le mot &#171; frappe &#187; retrouverait sa gravit&#233;, au lieu de flotter comme un slogan abstrait. &lt;br class='autobr' /&gt;
La question n'est pas seulement journalistique. Elle est &#233;thique et spirituelle. Quel usage faisons&#8209;nous de notre parole quand nous la mettons au service de la fascination plut&#244;t qu'au service de la compassion ? Le mot de la semaine, &#171; frappe &#187;, est un r&#233;v&#233;lateur : il fascine mais ne fait pas pleurer et ne nous met pas &#224; genoux. La vraie question est de savoir quand, collectivement, nous accepterons de regarder le drame de la guerre en v&#233;rit&#233;, de nommer les victimes avant les missiles, et de d&#233;noncer les frappes pour ce qu'elles sont : des blessures inflig&#233;es &#224; la fragile beaut&#233; de l'humanit&#233;. Concluons avec ces extraits de la pri&#232;re du Pape L&#233;on XIV :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Seigneur de la Vie,&lt;br class='autobr' /&gt;
toi qui as fa&#231;onn&#233; chaque &#234;tre humain &#224; ton image et ressemblance, nous croyons que tu nous as cr&#233;&#233;s pour la communion, non pour la guerre, pour la fraternit&#233;, non pour la destruction.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;sarme nos c&#339;urs de la haine, du ressentiment et de l'indiff&#233;rence,&lt;br class='autobr' /&gt;
afin que nous devenions des instruments de r&#233;conciliation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que chaque parole bienveillante, chaque geste de r&#233;conciliation&lt;br class='autobr' /&gt;
et chaque choix de dialogue soient les semences d'un monde nouveau. Amen. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



 <item xml:lang="fr">
		<title>L'IA : o&#249; est le contr&#244;le ?</title>
		<link>https://www.serviceproinfo.fr/analyse-decryptage/article/l-ia-ou-est-le-controle</link>
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		<dc:date>2026-02-23T15:25:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		 <dc:creator>P&#232;re Laurent Stalla-Bourdillon</dc:creator>
		


		<dc:subject>&#233;thique, v&#233;rit&#233;, manipulation</dc:subject>
		<dc:subject>son</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le sommet mondial &#171; India AI Impact Summit 2026 &#187; s'est tenu &#224; New Delhi du 16 au 21 f&#233;vrier, et conclu par l'adoption d'une &#8220;New Delhi Declaration&#8221; sur l'IA. Il devait &#233;laborer une feuille de route commune pour la gouvernance et la collaboration mondiales sur l'IA, tant son impact sur les individus et les soci&#233;t&#233;s est consid&#233;rable. La &#171; New Delhi Declaration &#187; pose un cadre politique non contraignant pour une IA &#171; inclusive, centr&#233;e sur l'humain et orient&#233;e vers le d&#233;veloppement &#187;.&#8232;Elle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.serviceproinfo.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/ai1920-01622.jpg?1784749739' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le sommet mondial &#171; India AI Impact Summit 2026 &#187; s'est tenu &#224; New Delhi du 16 au 21 f&#233;vrier, et conclu par l'adoption d'une &#8220;New Delhi Declaration&#8221; sur l'IA.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il devait &#233;laborer une feuille de route commune pour la gouvernance et la collaboration mondiales sur l'IA, tant son impact sur les individus et les soci&#233;t&#233;s est consid&#233;rable. &lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; New Delhi Declaration &#187; pose un cadre politique non contraignant pour une IA &#171; inclusive, centr&#233;e sur l'humain et orient&#233;e vers le d&#233;veloppement &#187;.&#8232;Elle affirme que les b&#233;n&#233;fices de l'IA doivent &#234;tre partag&#233;s avec l'ensemble de l'humanit&#233;, avec une attention particuli&#232;re au Sud Global ; elle encourage des principes volontaires sur la s&#233;curit&#233;, la transparence, l'audit et la responsabilit&#233; des syst&#232;mes d'IA, et enfin elle appelle &#224; renforcer la coop&#233;ration internationale et les partenariats public&#8209;priv&#233; pour des usages d'IA d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (sant&#233;, &#233;ducation, climat, inclusion num&#233;rique).&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;claration d&#233;ploie de sept &#8220;chakras&#8221; (piliers), qui sont autant de chantiers politiques &#224; ouvrir ou renforcer :&lt;br class='autobr' /&gt;
1	Le capital humain, avec des investissements coordonn&#233;s dans la formation, la mont&#233;e en comp&#233;tences, la reconversion des travailleurs et la recherche acad&#233;mique en IA.&lt;br class='autobr' /&gt;
2	L'inclusion avec des programmes pour d&#233;mocratiser l'acc&#232;s aux infrastructures, aux mod&#232;les et aux donn&#233;es, notamment pour les pays en d&#233;veloppement et les petites entreprises.&lt;br class='autobr' /&gt;
3	Une IA s&#251;re et digne de confiance avec l'engagement de d&#233;velopper des cadres de test, de certification, de gestion des risques (biais, s&#233;curit&#233;, cybers&#233;curit&#233;, d&#233;sinformation, usages militaires).&lt;br class='autobr' /&gt;
4	L'efficience &#233;nerg&#233;tique et la r&#233;silience avec l'attention explicite &#224; l'empreinte &#233;nerg&#233;tique et aux infrastructures critiques n&#233;cessaires aux grands mod&#232;les d'IA.&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt;
5	Une IA pour la science avec le soutien &#224; l'usage de l'IA en recherche fondamentale (sant&#233;, climat, agriculture, &#233;nergie).&lt;br class='autobr' /&gt;
6	La d&#233;mocratisation des ressources d'IA avec la volont&#233; de favoriser des plateformes, mod&#232;les et jeux de donn&#233;es ouverts ou mutualis&#233;s, pour &#233;viter la concentration du pouvoir technologique.&lt;br class='autobr' /&gt;
7	Une IA pour la croissance et le bien commun avec une orientation des politiques publiques vers des cas d'usage concrets dans les services publics, les PME, l'agriculture, la sant&#233;, l'&#233;ducation et la protection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Autant de promesses qui n'engagent que ceux qui y croient&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Que l'on songe &#224; la protection de l'enfance face aux risques num&#233;riques. Le sommet semble avoir plut&#244;t cherch&#233; la fa&#231;on de ne pas d&#233;pendre d'IA produites par une poign&#233;e d'entreprises priv&#233;es, la plupart am&#233;ricaines et chinoises. Il s'agit de rester dans la course et non de la freiner. O&#249; est le contr&#244;le ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les IA d&#233;passent d&#233;j&#224; les performances humaines dans de nombreux tests de capacit&#233; intellectuelle et, l&#224; o&#249; l'intelligence humaine demeure limit&#233;e par la biologie, ces syst&#232;mes peuvent traiter l'information &#224; une vitesse consid&#233;rablement sup&#233;rieure et se dupliquer &#224; l'infini. Un tel pouvoir sans contr&#244;le, ouvre la voie &#224; des sc&#233;narios de nuisance &#224; grande &#233;chelle : manipulation de l'information, attaques automatis&#233;es, d&#233;stabilisation, voire perte de contr&#244;le sur des syst&#232;mes capables de s'auto-am&#233;liorer. L'humanit&#233; n'est absolument pas pr&#233;par&#233;e &#224; cette situation, alors m&#234;me que s'acc&#233;l&#232;rent simultan&#233;ment la course aux armements autonomes, la transformation radicale du travail, la d&#233;pendance psychique et cognitive des individus vis-&#224;-vis de syst&#232;mes opaques, et la possibilit&#233; d'une perte de contr&#244;le irr&#233;versible sur notre propre destin&#233;e technologique. Ces questions avaient-elles vraiment leur place au Sommet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vide juridique actuel est particuli&#232;rement pr&#233;occupant. Tandis que le potentiel de nuisance est alarmant, l'IA se d&#233;veloppe dans un cadre normatif lacunaire, et toujours d&#233;claratif.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'urgence de r&#233;glementer le d&#233;veloppement de l'intelligence artificielle ne rel&#232;ve plus de la prudence abstraite, mais de la s&#233;curit&#233; collective la plus &#233;l&#233;mentaire. Les syst&#232;mes d'IA les plus avanc&#233;s posent d&#233;sormais des risques de s&#233;curit&#233; majeurs qu'aucun &#201;tat ne peut g&#233;rer seul, ce qui rend indispensables des actions internationales coordonn&#233;es et juridiquement contraignantes. La s&#233;curit&#233; semble h&#233;las rel&#233;gu&#233;e au second plan par la course &#224; l'innovation et par des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques consid&#233;rables. Il faut d&#233;sormais inverser cette logique et fermer la porte ouverte au d&#233;sastre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet sur l'IA en Inde devait &#234;tre le moment de v&#233;rit&#233; sur nos insuffisances. Mais au lieu de construire une coordination robuste et syst&#233;matique, la r&#233;glementation est rel&#233;gu&#233;e au rang de &#171; frein &#187; &#224; l'innovation, comme si la libert&#233; d'innover justifiait la mise en danger potentielle de soci&#233;t&#233;s enti&#232;res. R&#233;glementer l'IA &#171; &#224; la hauteur de ses enjeux &#187; signifie au contraire reconna&#238;tre que ces technologies touchent &#224; la s&#233;curit&#233; publique, &#224; la stabilit&#233; internationale et &#224; la sant&#233; mentale et sociale des populations, et qu'elles exigent des r&#232;gles comparables &#224; celles adopt&#233;es pour le nucl&#233;aire, les armes biologiques ou la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle r&#233;gulation ne peut &#234;tre seulement technique ou r&#233;serv&#233;e &#224; quelques experts. Elle doit s'inscrire dans un processus d&#233;mocratique. Les d&#233;cisions concernant les IA ne sauraient &#234;tre confisqu&#233;es par une poign&#233;e de dirigeants d'entreprises et d'actionnaires dont l'horizon premier est la rentabilit&#233; et la surveillance. Elles touchent &#224; la mani&#232;re dont nous organisons le travail, prot&#233;geons les plus vuln&#233;rables, garantissons la dignit&#233; des personnes et pr&#233;servons la possibilit&#233; d'un d&#233;bat public non manipul&#233; : ce sont des questions de s&#233;curit&#233; publique, mais aussi de sant&#233; publique et de coh&#233;sion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens le collectif Pause IA, a &#233;tabli une liste de garde-fous :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	un r&#233;gime de responsabilit&#233; clair et contraignant,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	des audits ind&#233;pendants et standardis&#233;s,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	des protocoles d'interventions d'urgence,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	une obligation d'enregistrement et de classification des risques,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	une obligation de financement de la recherche en s&#233;curit&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	l'&#233;tablissement de lignes rouges sur les usages de l'IA posant des risques inacceptables,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	l'instauration d'une agence internationale de s&#233;curit&#233; de l'lA similaire &#224; l'AIEA (l'Agence internationale de l'Energie atomique),&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	ainsi que des m&#233;canismes de contr&#244;le d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment &#233;tait donc propice pour faire remonter la s&#233;curit&#233; au premier rang de l'agenda international et pour engager, sans d&#233;lai, une gouvernance mondiale de l'IA fond&#233;e sur trois piliers indissociables : la protection des personnes, la r&#233;duction des risques syst&#233;miques et par-dessus tout, la participation d&#233;mocratique &#224; la d&#233;finition de notre avenir technologique commun. Plus le temps passe et plus les effets seront douloureusement support&#233;s. Les d&#233;mocraties doivent pleinement jouer leur r&#244;le et pour cela &#234;tre correctement inform&#233;es. Le monde des m&#233;dias et de l'information a plus que jamais toute son importance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



 <item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'euthanasie est une religion d'&#201;tat &#187; : entretien avec le P&#232;re Laurent Stalla-Bourdillon</title>
		<link>https://www.serviceproinfo.fr/presse/article/l-euthanasie-est-une-religion-d-etat-entretien-avec-le-pere-laurent-stalla</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.serviceproinfo.fr/presse/article/l-euthanasie-est-une-religion-d-etat-entretien-avec-le-pere-laurent-stalla</guid>
		<dc:date>2026-02-16T18:42:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		 <dc:creator>P&#232;re Laurent Stalla-Bourdillon</dc:creator>
		


		<dc:subject>&#233;thique, v&#233;rit&#233;, manipulation</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le d&#233;bat politique actuel &lt;br class='autobr' /&gt;
1/ Avant le vote du S&#233;nat sur la loi Fin de vie, on a eu l'impression que le d&#233;bat &#233;tait verrouill&#233; et t&#233;l&#233;guid&#233; et que ni les d&#233;put&#233;s, ni le Gouvernement, n'&#233;coutaient les alertes des soignants et des religions sur les risques d'une loi euthanasie sans garde-fou. Vous qui avez c&#244;toy&#233; de pr&#232;s le monde politique, trouvez-vous qu'une discussion contradictoire authentique soit possible ? Les conditions d'un d&#233;bat o&#249; la v&#233;rit&#233; est recherch&#233;e sont-elles r&#233;unies ? Il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.serviceproinfo.fr/mot/reflexions-critiques-sur-les-systemes-d-information" rel="tag"&gt;r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.serviceproinfo.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/auservice-75887.jpg?1784617815' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;bat politique actuel &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1/ Avant le vote du S&#233;nat sur la loi Fin de vie, on a eu l'impression que le d&#233;bat &#233;tait verrouill&#233; et t&#233;l&#233;guid&#233; et que ni les d&#233;put&#233;s, ni le Gouvernement, n'&#233;coutaient les alertes des soignants et des religions sur les risques d'une loi euthanasie sans garde-fou. Vous qui avez c&#244;toy&#233; de pr&#232;s le monde politique, trouvez-vous qu'une discussion contradictoire authentique soit possible ? Les conditions d'un d&#233;bat o&#249; la v&#233;rit&#233; est recherch&#233;e sont-elles r&#233;unies ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est difficile aujourd'hui de parler de &#171; d&#233;bat &#187; quand l'issue semble d&#233;cid&#233;e d'avance et que le cadre m&#234;me de la discussion exclut certaines questions de fond. Un vrai d&#233;bat suppose que personne ne se consid&#232;re comme propri&#233;taire de la v&#233;rit&#233;, que les mots soient clairement d&#233;finis, que les objections s&#233;rieuses soient entendues et non disqualifi&#233;es comme &#171; r&#233;trogrades &#187; ou &#171; confessionnelles &#187;. Or, sur la fin de vie, beaucoup de responsables politiques n'entrent plus dans une recherche commune du vrai et du juste : ils g&#232;rent des &#233;quilibres d'opinion, des calendriers &#233;lectoraux, des promesses &#224; tenir. On consulte des soignants ou des repr&#233;sentants religieux, mais souvent pour la forme, sans que leurs alertes soient r&#233;ellement prises en compte dans la loi. Pour qu'un d&#233;bat authentique soit possible, il faudrait accepter de mettre sur la table ce qui est en jeu anthropologiquement : qu'est ce qu'une personne ? qu'est ce qu'une vie digne ? quel type de soci&#233;t&#233; voulons nous ? Tant que ces questions restent verrouill&#233;es, la proc&#233;dure peut &#234;tre correcte, mais la recherche de la v&#233;rit&#233;, elle, ne l'est pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un vrai d&#233;bat suppose que personne ne se consid&#232;re comme propri&#233;taire de la v&#233;rit&#233;, que les mots soient clairement d&#233;finis, que les objections s&#233;rieuses soient entendues et non disqualifi&#233;es comme &#171; r&#233;trogrades &#187; ou &#171; confessionnelles &#187;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2/ Vous d&#233;noncez les man&#339;uvres de certains politiques qui vont jusqu'&#224; d&#233;naturer le sens des mots. Comment, en tant que catholiques, se positionner et agir face &#224; un monde o&#249; le mensonge et le calcul politique l'emportent sur la recherche de v&#233;rit&#233; ? Comment t&#233;moigner dans les d&#233;bats publics ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand le pouvoir joue avec les mots &#8211; &#171; aide &#224; mourir &#187;, &#171; compassion &#187;, &#171; ultime libert&#233; &#187; &#8211; pour rendre acceptable ce qui, en r&#233;alit&#233;, est la mise &#224; mort d'un &#234;tre humain, le risque pour les chr&#233;tiens serait de r&#233;pondre par des slogans inverses ou par l'indignation seule. La tradition biblique invite plut&#244;t &#224; une clart&#233; patiente : nommer les choses par leur nom, expliquer calmement pourquoi certains mots sont trompeurs, montrer avec des exemples concrets ce que produit une telle loi dans les h&#244;pitaux, les familles, les consciences. T&#233;moigner, c'est refuser de consentir au mensonge tout en restant disponible au dialogue. Le chr&#233;tien se souvient que la v&#233;rit&#233; n'est pas une arme mais une personne : il s'agit d'&#233;clairer les consciences. Cela passe par la formation (comprendre les enjeux), par la parole publique (tribunes, interventions locales, pr&#233;sence dans les consultations), et par des gestes de proximit&#233; avec les personnes malades et en fin de vie, qui rendent visible ce que signifie vraiment accompagner, sans supprimer la personne qui souffre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mort et l'euthanasie &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3/ Vous d&#233;noncez une &#171; censure de l'&#233;ternit&#233; &#187; dans notre soci&#233;t&#233;. Pourquoi la mort est-elle devenue un sujet tabou, m&#234;me pour les croyants ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, notre soci&#233;t&#233; vit une forme de &#171; censure de l'&#233;ternit&#233; &#187; : tout ce qui rappelle la finitude est refoul&#233;, anesth&#233;si&#233;, recouvert de discours techniques ou d'images rassurantes. La mort est &#233;vacu&#233;e des maisons, des conversations ordinaires, confi&#233;e aux professionnels comme un probl&#232;me &#224; g&#233;rer. M&#234;me les croyants subissent cette culture : ils vivent dans le m&#234;me bain d'images, les m&#234;mes injonctions &#224; rester &#171; performants &#187; et autonomes jusqu'au bout. On ose de moins en moins dire ce que la mort signifie d'un point de vue spirituel et on se limite &#224; la dimension organique. Elle pose une question de sens (comme signification et comme direction) &#224; laquelle ni la m&#233;decine ni le droit ne peuvent r&#233;pondre. La foi chr&#233;tienne, elle, ne nie pas l'angoisse de mourir mais elle l'ouvre sur une promesse : nous ne devenons pas &#171; rien &#187;, nous allons vers quelqu'un. L&#224; o&#249; l'&#233;ternit&#233; est pass&#233;e sous silence, la mort devient un scandale absurde ; l&#224; o&#249; l'&#233;ternit&#233; est annonc&#233;e, la mort peut redevenir un passage, certes redoutable, mais habit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4/ A contre-courant du mat&#233;rialisme, vous pr&#233;sentez l'&#234;tre humain comme un &#171; &#234;tre en devenir &#187; par sa mort m&#234;me. Qu'entendez-vous par l&#224; et comment cela permet-il de se disposer &#224; bien mourir ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dire que l'&#234;tre humain est un &#171; &#234;tre en devenir &#187; jusque dans sa mort, c'est refuser de r&#233;duire la vie &#224; la somme de nos sensations pr&#233;sentes. Nous ne sommes pas seulement ce que nous &#233;prouvons aujourd'hui : nous sommes en chemin vers un accomplissement que nous ne voyons pas encore. La mort, dans cette perspective, n'est pas la d&#233;faite de la vie mais le moment o&#249; elle se remet enti&#232;rement entre les mains de Dieu. S'y pr&#233;parer, ce n'est pas r&#234;ver d'une &#171; belle mort &#187; id&#233;ale, sans souffrance ni d&#233;pendance, mais c'est entrer progressivement dans une attitude d'abandon confiant : accepter de ne plus tout ma&#238;triser, pardonner, demander pardon, dire merci, recevoir les sacrements. Une soci&#233;t&#233; qui reconna&#238;t l'&#234;tre humain comme &#234;tre en devenir aide chacun &#224; vivre ce passage comme un acte, non comme une pure passivit&#233; : l'ultime geste libre par lequel je confie ma vie &#224; Celui de qui je la tiens, au lieu de la reprendre &#224; mon compte en d&#233;cidant moi-m&#234;me de ma disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Entre g&#233;n&#233;rations, la confiance se fissure : au lieu d'&#234;tre s&#251;rs d'&#234;tre accompagn&#233;s co&#251;te que co&#251;te, les plus faibles se demandent s'ils ne devraient pas &#171; d&#233;gager &#187; pour soulager les autres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5/ En quoi l'euthanasie, sous couvert de libert&#233; individuelle, finit-elle par d&#233;truire le tissu social et la solidarit&#233; entre les g&#233;n&#233;rations ? &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous couvert de libert&#233; individuelle, l'euthanasie introduit une logique nouvelle : il existe des vies dont on peut disposer, d&#232;s lors qu'elles ne correspondent plus aux crit&#232;res dominants de qualit&#233;, d'autonomie, d'absence de souffrance. Cela ne concerne pas seulement la personne qui demande la mort, cela rejaillit sur tout le tissu social. Les plus fragiles &#8211; personnes &#226;g&#233;es, handicap&#233;es, malades chroniques &#8211; int&#233;riorisent peu &#224; peu l'id&#233;e qu'ils &#171; co&#251;tent &#187; trop, qu'ils font peser un fardeau sur leurs proches ou sur la collectivit&#233;. La pression implicite &#224; ne pas d&#233;ranger devient tr&#232;s forte. Entre g&#233;n&#233;rations, la confiance se fissure : au lieu d'&#234;tre s&#251;rs d'&#234;tre accompagn&#233;s co&#251;te que co&#251;te, les plus faibles se demandent s'ils ne devraient pas &#171; d&#233;gager &#187; pour soulager les autres. Une soci&#233;t&#233; qui autorise la mise &#224; mort par compassion rompt avec l'intuition la plus &#233;l&#233;mentaire de la solidarit&#233; : on ne prot&#232;ge plus inconditionnellement les plus fragiles, on &#233;value si leur vie vaut encore d'&#234;tre v&#233;cue. Nous avons oubli&#233; que nous vivions tous dans un corps social. Les cons&#233;quences de sa fragilisation sont impr&#233;visibles. Qui sera l&#224; pour d&#233;fendre ce &#171; corps commun &#187; ? L'Eglise s'y engage inlassablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6/ Comment une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur la &#171; culture de vie &#187; ch&#232;re &#224; Jean-Paul II devrait-elle concr&#232;tement accueillir la mort ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une soci&#233;t&#233; inspir&#233;e par la &#171; culture de vie &#187; ne nie pas la mort, elle la regarde en face et organise tout pour qu'aucun mourant ne soit abandonn&#233;. Concr&#232;tement, cela veut dire : d&#233;velopper vraiment les soins palliatifs, former les soignants et les familles &#224; l'accompagnement, garantir une pr&#233;sence humaine au chevet, m&#234;me quand la m&#233;decine ne peut plus gu&#233;rir. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela veut dire aussi laisser une place aux rites, &#224; la pri&#232;re, aux sacrements, &#224; l'accompagnement spirituel, au temps de silence. Au lieu de promettre de supprimer la souffrance en supprimant le souffrant, on cherche &#224; soulager la douleur, &#224; apaiser l'angoisse, &#224; entourer la personne de signes qu'elle reste aim&#233;e et digne jusqu'au bout. Dans une culture de vie, la mort n'est pas un &#233;chec technique mais un moment de v&#233;rit&#233; : celui o&#249; une existence se remet entre les mains de Dieu et de ceux qui l'aiment. La question n'est plus : &#171; comment en finir ? &#187;, mais : &#171; comment rester fid&#232;les &#224; la vraie grandeur de celui qui s'en va ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nouvelle &#171; religion d'&#201;tat &#187; et les enjeux de civilisation &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7/ Vous qualifiez l'euthanasie de &#171; religion d'&#201;tat &#187;. Quelles sont les caract&#233;ristiques de ce nouveau dogme que l'on tente d'imposer aux Fran&#231;ais ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Parler de l'euthanasie comme &#171; religion d'&#201;tat &#187;, c'est constater qu'elle porte d&#233;sormais un ensemble de dogmes, de rituels et de promesses qui structurent l'imaginaire collectif. Les dogmes sont l'id&#233;e que l'autonomie individuelle est absolue, que la vie n'a de valeur que si elle r&#233;pond &#224; certains crit&#232;res de qualit&#233;, que la souffrance est le mal supr&#234;me qu'il faut &#233;liminer &#224; tout prix. Les rituels rel&#232;vent d'une proc&#233;dure juridique et m&#233;dicale qui ressemble &#224; une liturgie la&#239;que, avec des autorit&#233;s (comit&#233;s, m&#233;decins, juges) qui donnent ou non le &#171; sacrement &#187; de la mort. La promesse enfin de cette religion d'&#201;tat, est celle d'une mort ma&#238;tris&#233;e, indolore, presque propre, o&#249; l'on resterait jusqu'au bout sujet de sa vie. Quand l'&#201;tat ent&#233;rine cette vision et l'impose comme horizon l&#233;gitime pour tous, il se substitue &#224; la tradition religieuse pour dire ce qu'est une &#171; bonne mort &#187;. Il ne se contente plus de tol&#233;rer des pratiques ; il consacre une nouvelle croyance collective dans l'id&#233;e d'un &#234;tre humain d&#233;pouill&#233; de sa vocation &#224; la communion divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8/ Vous affirmez que l'euthanasie rompt avec notre civilisation en instituant cette &#171; religion d'&#201;tat &#187;. Mais la rupture n'est-elle pas plus ancienne ? D&#233;j&#224; la l&#233;galisation de l'avortement en France en 1975 &#233;tait une rupture anthropologique majeure. La R&#233;volution fran&#231;aise elle-m&#234;me n'&#233;tait-elle pas d&#233;j&#224; porteuse d'une &#171; religion d'&#201;tat &#187; dont l'objectif &#233;tait de remplacer le catholicisme ? D&#232;s lors, o&#249; situer cette rupture civilisationnelle ? En quoi l'euthanasie marque-t-elle une &#233;tape nouvelle et peut-&#234;tre plus radicale encore dans cette d&#233;construction de notre civilisation ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est vrai que la l&#233;galisation de l'avortement, la dissociation syst&#233;matique de la sexualit&#233; et de la procr&#233;ation, ou encore certaines id&#233;ologies issues de la R&#233;volution ont d&#233;j&#224; entam&#233; notre vision chr&#233;tienne de l'Homme. Mais l'euthanasie marque une &#233;tape nouvelle, parce qu'elle touche le lien le plus &#233;l&#233;mentaire : celui qui nous relie &#224; toute personne humaine, quoi qu'elle ait fait, quel que soit son &#233;tat. Avec l'avortement, la soci&#233;t&#233; a commenc&#233; &#224; dire : certains commencements de vie peuvent &#234;tre supprim&#233;s. Avec l'euthanasie, elle dit d&#233;sormais : certaines fins de vie peuvent l'&#234;tre aussi, au nom de la compassion. On passe d'une transgression tol&#233;r&#233;e &#224; une norme culturelle qui red&#233;finit ce qu'est mourir &#171; dignement &#187;. En ce sens, l'euthanasie parach&#232;ve un long processus : la sortie d'un horizon o&#249; la vie est re&#231;ue comme un don, pour entrer dans un monde o&#249; elle devient un mat&#233;riau que chacun, avec l'aval de l'&#201;tat, peut g&#233;rer jusqu'&#224; son terme. On suppose ici que personne ne sera comptable de rien dans sa vie, c'est le r&#234;ve de l'autor&#233;f&#233;rence. Cela pourrait ne pas &#234;tre aussi simple que cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9/ Quand on regarde le temps long de la d&#233;christianisation en France, on a l'impression que toutes les barri&#232;res &#233;thiques finissent par sauter et que la d&#233;christianisation est in&#233;luctable. Il y a quelque chose de d&#233;courageant pour les chr&#233;tiens. Quels messages d'esp&#233;rance pouvez-vous adresser aux catholiques face &#224; cela ? &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Vu de loin, la d&#233;christianisation ressemble &#224; une grande mar&#233;e qui emporte une &#224; une les digues &#233;thiques, et l'on pourrait se d&#233;courager. Pourtant, l'histoire de l'&#201;glise rappelle que la foi ne s'identifie jamais &#224; un r&#233;gime juridique ou &#224; une culture dominante. Le christianisme est n&#233; minoritaire, souvent incompris, parfois pers&#233;cut&#233;, et c'est alors qu'il a le mieux t&#233;moign&#233; de la valeur inconditionnelle de chaque personne. L'esp&#233;rance chr&#233;tienne ne repose pas sur la solidit&#233; des lois, mais sur la fid&#233;lit&#233; de Dieu : aucune &#233;poque, aussi s&#233;cularis&#233;e soit elle, ne peut emp&#234;cher le Christ de rejoindre les c&#339;urs, ni l'Esprit de susciter des t&#233;moins. Notre responsabilit&#233; n'est pas de &#171; sauver la civilisation &#187; par nos seules forces, mais de vivre de mani&#232;re cr&#233;dible l'&#201;vangile de la vie l&#224; o&#249; nous sommes : dans nos familles, nos professions, nos engagements. Comme le disait tout r&#233;cemment, Mgr Hicks, nouvel archev&#234;que de New York, &#171; l'&#201;glise catholique n'est pas un club priv&#233;. Un club existe pour servir ses membres. L'&#201;glise existe pour aller &#224; la rencontre de tous et les servir. Nous existons pour suivre J&#233;sus qui a nourri les affam&#233;s, gu&#233;ri les malades, rejet&#233; la haine et proclam&#233; l'amour. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il rejoint l'encouragement du Pape L&#233;on XIV, qui &#233;crivait : &#171; une Eglise qui ne met pas de limites &#224; l'amour, qui ne conna&#238;t pas d'ennemis &#224; combattre, mais seulement des hommes et des femmes &#224; aimer, est l'Eglise dont le monde a besoin aujourd'hui &#187;. (Dilexi Te, n&#176;120). Chaque personne accompagn&#233;e jusqu'au bout, chaque geste de mis&#233;ricorde pos&#233; aupr&#232;s d'un mourant, est d&#233;j&#224; une victoire de la R&#233;surrection au c&#339;ur d'un monde qui l'a oubli&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'alerte de L&#233;on XIV sur la manipulation id&#233;ologique du langage</title>
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		 <dc:creator>P&#232;re Laurent Stalla-Bourdillon</dc:creator>
		


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		<dc:subject>le Saint-Si&#232;ge aux m&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>num&#233;rique et communication digitale</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans son discours aux membres du Corps diplomatique, le 9 janvier 2026, le Pape L&#233;on XIV s'est inqui&#233;t&#233; de ce que &#171; de nos jours, le sens des mots est de plus en plus flou et les concepts qu'ils repr&#233;sentent de plus en plus ambigus. Le langage n'est plus le moyen privil&#233;gi&#233; de la nature humaine pour conna&#238;tre et rencontrer, mais, dans les replis de l'ambigu&#239;t&#233; s&#233;mantique, il devient de plus en plus une arme pour tromper ou frapper et offenser ses adversaires. Nous avons besoin que les mots (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.serviceproinfo.fr/mot/reflexions-critiques-sur-les-systemes-d-information" rel="tag"&gt;r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.serviceproinfo.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/ve_rite_-15430.jpg?1784696594' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans son discours aux membres du Corps diplomatique, le 9 janvier 2026, le Pape L&#233;on XIV s'est inqui&#233;t&#233; de ce que &#171; de nos jours, le sens des mots est de plus en plus flou et les concepts qu'ils repr&#233;sentent de plus en plus ambigus. Le langage n'est plus le moyen privil&#233;gi&#233; de la nature humaine pour conna&#238;tre et rencontrer, mais, dans les replis de l'ambigu&#239;t&#233; s&#233;mantique, il devient de plus en plus une arme pour tromper ou frapper et offenser ses adversaires. Nous avons besoin que les mots recommencent &#224; exprimer sans &#233;quivoque des r&#233;alit&#233;s certaines. C'est seulement ainsi qu'un dialogue authentique et sans malentendus pourra reprendre. Cela doit se produire dans nos foyers et sur nos places, en politique, dans les moyens de communication et sur les r&#233;seaux sociaux, ainsi que dans le contexte des relations internationales et du multilat&#233;ralisme, afin que ce dernier puisse retrouver la force n&#233;cessaire pour jouer son r&#244;le de rencontre et de m&#233;diation, indispensable pour pr&#233;venir les conflits, et que personne ne soit tent&#233; de dominer l'autre par la logique de la force, qu'elle soit verbale, physique ou militaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; d'expression n'est pas seulement mise en danger par des formes de contraintes, de restrictions, mais par l'appauvrissement du langage lui-m&#234;me, qui est d&#233;tourn&#233; de sa capacit&#233; de service de la v&#233;rit&#233;. C'est en changeant le sens authentique des mots, qu'on se prive de la capacit&#233; d'exprimer la v&#233;rit&#233;. Le Pape L&#233;on XIV ajoutait : &#171; Il convient &#233;galement de noter que le paradoxe de cet affaiblissement de la parole est souvent revendiqu&#233; au nom de la libert&#233; d'expression elle-m&#234;me. Mais &#224; y regarder de plus pr&#232;s, c'est le contraire qui est vrai : la libert&#233; de parole et d'expression est garantie pr&#233;cis&#233;ment par la certitude du langage et par le fait que chaque terme est ancr&#233; dans la v&#233;rit&#233;. Il est douloureux de constater, en revanche, que, surtout en Occident, les espaces de v&#233;ritable libert&#233; d'expression se r&#233;duisent de plus en plus, tandis que se d&#233;veloppe un nouveau langage &#224; la saveur orwellienne qui, dans sa tentative d'&#234;tre toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux id&#233;ologies qui l'animent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protection du langage, patrimoine commun de la famille humaine, est vitale pour la pr&#233;servation du dialogue. La parole ne doit pas &#234;tre instrumentalis&#233;e comme arme de d&#233;stabilisation. Les mots et l'art de la parole appellent une protection au m&#234;me titre que l'environnement. En effet, tout comme nous avons besoin de respirer un air de qualit&#233;, nous respirons d'un point de vue psychique dans les paroles des autres. Or des paroles toxiques peuvent perturber l'&#233;quilibre psychique de l'ensemble des soci&#233;t&#233;s. Ne c&#233;dons jamais &#224; la tentation de dissocier la parole et la v&#233;rit&#233; car elles sont ensemble au service de la joie de vivre et de vivre ensemble.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;chapper au langage de l'IA : une cause mondiale</title>
		<link>https://www.serviceproinfo.fr/analyse-decryptage/article/echapper-au-langage-de-l-ia-une-cause-mondiale</link>
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		 <dc:creator>P&#232;re Laurent Stalla-Bourdillon</dc:creator>
		


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		<dc:subject>num&#233;rique et communication digitale</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;flexions critiques sur les syst&#232;mes d'information</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tel un g&#233;nie sorti de sa lampe, l'intelligence artificielle n'en finit pas de subjuguer les esprits, d'habiter les discours et nourrir les inqui&#233;tudes. L'&#234;tre humain &#233;tant un &#171; &#234;tre en devenir &#187;, il ne perd jamais de vue la profonde question existentielle (et politique) : &#171; qui suis-je ? qu'allons-nous devenir ? &#187; Son existence prend toute sa consistance par l'usage du &#171; logos &#187; qui produit du sens et fonde sa dignit&#233; humaine. Tout &#234;tre humain demeure jusqu'&#224; sa mort dans une conception de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.serviceproinfo.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/martin-buber-39753.jpg?1784756921' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tel un g&#233;nie sorti de sa lampe, l'intelligence artificielle n'en finit pas de subjuguer les esprits, d'habiter les discours et nourrir les inqui&#233;tudes. L'&#234;tre humain &#233;tant un &#171; &#234;tre en devenir &#187;, il ne perd jamais de vue la profonde question existentielle (et politique) : &#171; qui suis-je ? qu'allons-nous devenir ? &#187; Son existence prend toute sa consistance par l'usage du &#171; logos &#187; qui produit du sens et fonde sa dignit&#233; humaine. Tout &#234;tre humain demeure jusqu'&#224; sa mort dans une conception de lui-m&#234;me par le &#171; verbe &#187;. Immerg&#233;s dans de nombreux discours contradictoires sur l'IA, il est difficile de savoir si ce g&#233;nie, face &#224; nous, est bon ou mauvais. Essayons de remonter le fil de son apparition pour discerner ses effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intelligence artificielle n'existe jamais &#171; en soi &#187; : elle n'est pas tomb&#233;e du ciel. Elle d&#233;pend d'un environnement socio&#8209;technique massif. Elle est bien ce visage d'une mondialisation technique assise sur les ressources de notre environnement. Chaque requ&#234;te mobilise ainsi cette vaste infrastructure plan&#233;taire, loin du geste local d'un outil classique. &#192; cette mat&#233;rialit&#233; s'ajoutent des investissements financiers colossaux, l'organisation de cha&#238;nes de valeur globalis&#233;es, la peine de millions de travailleurs charg&#233;s d'annoter les donn&#233;es ou de mod&#233;rer les contenus, ainsi que le recours massif &#224; des corpus culturels normalement prot&#233;g&#233;s par le droit d'auteur. L'IA est donc bien le lifting du visage de l'ensemble socio&#8209;technique mondial d&#233;j&#224; constitu&#233; par le num&#233;rique et Internet. L'IA prolonge une trajectoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ancrage dans un syst&#232;me global implique que l'IA emporte des effets qui d&#233;passent de tr&#232;s loin les usages individuels. Le g&#233;nie sorti de sa lampe ne s'int&#233;resse pas seulement aux v&#339;ux d'une seule personne, mais se propose pour accomplir le bon vouloir de toutes. C'est en ce sens que les 15 et 16 novembre 2025, les Semaines Sociales de France ont fait de la r&#233;volution de l'IA, le th&#232;me de leur rencontre annuelle. Les riches d&#233;bats ont donn&#233; lieu &#224; la publication d'un &#171; Manifeste pour une lA &#233;thique et d&#233;mocratique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dix propositions pour reprendre la main sur l'IA afin qu'elle serve la dignit&#233; humaine : &#171; Il est de notre devoir de citoyens d'identifier les risques, les d&#233;rives possibles, que ce soit &#224; l'&#233;chelle de l'individu, de l'&#233;conomie, de la soci&#233;t&#233;, de la nation, de la plan&#232;te. Une d&#233;pendance excessive &#224; l'IA peut affaiblir la cr&#233;ativit&#233; et l'esprit critique. L'IA facilite &#224; grande &#233;chelle la manipulation de l'information jusqu'&#224; une d&#233;sinformation et la contestation de la v&#233;rit&#233;, exer&#231;ant un pr&#233;judice sur la vie d&#233;mocratique. La composition des bases de donn&#233;es qui nourrissent l'apprentissage des syst&#232;mes d'IA n'est pas neutre et induit des biais cognitifs, ainsi qu'un risque d'intrusion dans la vie priv&#233;e, de perte de libert&#233; et d'alt&#233;ration des relations sociales. Nous ne pouvons n&#233;gliger un risque de d&#233;crochage g&#233;n&#233;rationnel, mais aussi social, inh&#233;rent &#224; l'acc&#232;s aux usages de l'IA, et le besoin de prot&#233;ger les personnes les plus vuln&#233;rables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces dynamiques technologiques transforment la vie individuelle et sociale. Elles peuvent nourrir de nouvelles formes de d&#233;pendance psychologique, notamment lorsque des IA sont d&#233;ploy&#233;es comme compagnons conversationnels et s'ins&#232;rent dans l'intimit&#233; affective des personnes. Le g&#233;nie sorti de sa lampe vient adapter la soci&#233;t&#233; &#224; la technologie plut&#244;t que l'inverse. Il vient frapper &#224; la porte de notre psychisme. L'IA est donc le visage souriant mais in&#233;dit d'un maillage mondial qui mobilise des ressources mat&#233;rielles, &#233;conomiques et humaines consid&#233;rables, et qui, en retour, restructure les institutions, les normes, les pratiques collectives et transforme la vie sociale pour tous, utilisateurs ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1943, le philosophe Martin Buber (1878-1965) dans &#171; le probl&#232;me de l'homme &#187;, s'inqui&#233;tait des deux ph&#233;nom&#232;nes marquant la modernit&#233;. D'une part &#171; la dissolution progressive des vieilles formes organiques de coexistence directe entre humains (&#8230;) car c'est le milieu relationnel humain, qui le pr&#233;serve du sentiment de l'abandon total, faisant appara&#238;tre la solitude ! La solitude n'est qu'&#233;tourdie et r&#233;prim&#233;e par toute une agitation (faite de formes d'activisme num&#233;rique&#8230;) mais elles n'ont pas pu r&#233;tablir la s&#233;curit&#233; d&#233;truite. D&#232;s lors l'homme est confront&#233; avec le fond de son existence, il apprend la profondeur de la probl&#233;matique humaine. &#187; Il ajoutait : &#171; L'&#233;tat de liaison entre la personne, sa g&#233;n&#233;ration et sa soci&#233;t&#233; est conforme &#224; sa nature &#187; ; c'est ainsi que notre identit&#233; se d&#233;veloppe en un &#234;tre pour autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'autre part, Martin Buber voyait que l'homme se laisse distancer par ses &#339;uvres. Voici un passage stup&#233;fiant de lucidit&#233; visionnaire sur &#171; le rapport entre l'homme et les nouvelles choses et relations n&#233;es de son action ou avec son concours. L'homme se laisse distancer par ses &#339;uvres : c'est ainsi que je nommerais volontiers cette singularit&#233; de la crise moderne. L'homme n'est plus capable de venir &#224; bout du monde n&#233; sous sa propre action ; ce monde devient plus fort que lui, il se lib&#232;re de lui, il lui fait face dans une &#233;l&#233;mentaire ind&#233;pendance, et l'homme ne conna&#238;t plus le mot qui conjurerait le Golem qu'il a cr&#233;&#233; et qui l'emp&#234;cherait de nuire. Notre &#233;poque a vu l'&#226;me humaine se paralyser ainsi et les forces lui manquer dans trois domaines, successivement. Le premier a &#233;t&#233; la technique. (&#8230;) Le second domaine a &#233;t&#233; l'&#233;conomie. (&#8230;) Le troisi&#232;me domaine a &#233;t&#233; l'&#233;v&#233;nement politique. (&#8230;) Ainsi, l'homme se trouva devant l'&#233;pouvantable fait qu'il engendrait des d&#233;mons dont il ne pouvait pas se rendre ma&#238;tre. Quel sens avait donc cette puissance qui &#233;tait en m&#234;me temps impuissance ? La question aboutissait &#224; celle de la nature de l'homme, laquelle recevait une nouvelle signification, immens&#233;ment pratique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; d&#233;voil&#233; le visage du g&#233;nie artificiel sorti de sa lampe, voici son origine et ses promesses techniques, &#233;conomiques et politiques. Martin Buber n'avait cependant pas pu pressentir que sa puissance d'ali&#233;nation ne r&#233;siderait pas seulement dans ses promesses, mais dans ce qu'il nous prendrait de plus pr&#233;cieux : notre parole. Ce visage parle, il nous parle, jusque dans l'espace sacr&#233; de la profondeur de notre &#234;tre. Voil&#224; pourquoi, l'&#234;tre humain doit se prot&#233;ger d'un environnement qui le domine en refusant de parler &#224; des machines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ajoutons deux remarques conclusives : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, l'IA ne parle pas d'elle-m&#234;me. Le &#171; logos &#187; d'une machine n'est pas un vrai &#171; logos &#187; dont l'origine est en Dieu seul. Il est seulement un calcul. Le danger vient de la possibilit&#233; que l'homme abandonne son propre logos. Le danger est dans le d&#233;sarmement spirituel qui confie sa parole &#224; une machine. Le probl&#232;me est ici la d&#233;mission. Ces technologies sont des machines &#224; d&#233;missionner de soi. L'homme doit conserver le primat de sa volont&#233; sans se laisser &#171; piloter &#187; par les algorithmes, le primat de son d&#233;sir, de sa responsabilit&#233;, de son discernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, l'IA r&#233;v&#232;le l'humain autant qu'elle le menace. Comme un miroir force &#224; dire que la personne n'est pas l'image que renvoie le miroir, l'IA force &#224; regarder la parole, la relation et l'alt&#233;rit&#233; comme ce qu'elle ne conna&#238;t pas. Au fond, elle pousse &#224; r&#233;affirmer que le logos n'est pas une performance mais une rencontre. L'homme se trouve dans la relation &#171; je-tu &#187;. Une IA ne peut pas &#234;tre un &#034;tu&#034;. Elle n'est qu'un &#034;cela&#034;. Et si l'homme confond les deux, ce n'est pas tant la faute de la machine trompeuse, que l'effet d'une pauvret&#233; spirituelle. Le probl&#232;me que pose l'IA, c'est qu'elle survient &#224; un moment de tr&#232;s grande faiblesse spirituelle de l'humanit&#233;. Le pire moment car l'humanit&#233; est atone, sans aspiration spirituelle et captive du confort et de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc prot&#233;ger les plus vuln&#233;rables, limiter les biais, lutter contre la manipulation, &#233;viter la d&#233;pendance. C'est ce que le Pape L&#233;on XIV va devoir s'efforcer de faire. Mais il faut aussi &#233;duquer &#224; la libert&#233; int&#233;rieure, c'est pourquoi il a d&#233;j&#224; nomm&#233; le d&#233;fi &#233;ducatif de l'int&#233;riorit&#233;. Aucune technologie ne pourra remplacer le c&#339;ur humain qui est ordonn&#233; au vrai et au bien. Sans d&#233;serter le dialogue avec notre temps, la parole de l'Eglise sera pr&#233;cieuse pour pr&#233;server le sens de l'humain. Elle pourra r&#233;affirmer l'importance de son logos, de sa libert&#233; et de son rapport &#224; l'autre. Au fond, jamais l'&#234;tre humain ne sera d&#233;pass&#233; par une &#339;uvre de ses mains, mais il pourrait devenir le seul &#224; ne plus le savoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ssf-fr.org/wp-content/uploads/2025/11/ssf-manifeste-def.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ssf-fr.org/wp-content/uploads/2025/11/ssf-manifeste-def.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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