
Le fait que le président des États-Unis s’en prenne à une autorité morale comme le pape Léon signifie une déclaration d’impuissance. Pour exister Trump a besoin d’outrance et de conflictualité. En étant disruptif, sans limite, il espère capter l’attention, et rester au centre de la scène médiatique. Trump a besoin du Pape pour lui contester son autorité et affermir la sienne. Le discours de Léon XIV est un discours libre, un discours qui ne peut pas être enfermé dans la rhétorique trumpienne. La vérité des propos de Léon ne se mesure pas au nombre du vues sur les réseaux sociaux.
La meilleure chose à faire, évidemment, est de ne pas répondre sur le même terrain, ni de se placer au même niveau. Le pape a clairement dit qu’il ne voulait pas entrer en compétition, ni en débat avec lui. Lui est le pape et il annonce l’Évangile. La force de la parole du Pape vient de l’Evangile, c’est une parole pour la vie de l’humanité et non pour la gloire d’un homme. Léon XIV ne cherche pas à être élu comme Trump qui va affronter le choix des électeurs. Léon est libre.
Le pape Léon rappelle que des abus sont commis au détriment de l’Évangile, en instrumentalisant son message. Plus généralement le langage religieux peut être récupéré par le pouvoir afin de consolider son autorité dans la conscience des personnes. Le pouvoir ose alors une confusion entre spirituel et temporel, et se projette dans un horizon théologique : « Dieu est avec nous ». Toutes les formes politiques cherchent lorsqu’elles sont faibles, à se draper d’un discours religieux. C’est un piège pour la foi. Léon XIV entend libérer le christianisme de toute prison de nature idéologique et politique.


