Introduction à la présentation de Fratelli tutti, la dernière lettre du Pape François

Introduction

En publiant Fratelli tutti, sa 3eme lettre encyclique, le Pape François nous ouvre son cœur et invite à partager sa réflexion et sa prière. Elle s’inspire comme toujours de la riche tradition biblique et des enseignements dogmatiques, moraux et sociaux de l’Église.

De quoi s’agit-il ?

De sa perception d’un monde qui se referme sur lui-même, et qui manque d’amour, produisant souffrance et inquiétude. Si dans un monde clos, nous souffrons tous, les pauvres souffrent plus encore.

François se demande si nous sommes bien conscients des conséquences d’un monde fermé ?

Alors, il explore les racines spirituelles des divisions qui blessent la famille humaine. Il interroge le développement économique et technique qui demeure ambiguë car il laisse derrière lui des fractures entre les personnes et les peuples.

Notre « écosystème social » est plus fragile encore que celui de l’environnement. Rien ne serait plus toxique pour la famille humaine que la perte de son unité et l’esprit individualiste méprisant ou rejetant les autres.

Le parcours de lecture qui vous est proposé souhaite replacer l’encyclique au niveau spirituel où elle doit être lue et comprise.

En somme, François appelle au réveil d’une conscience fraternelle pour affronter les défis du XXIème siècle. Et le défi majeur pour l’humanité aujourd’hui est le défi de son unité.

On ne peut pas produire l’unité par des moyens juridiques ou administratifs, elle découle de la fraternité.
Pour François, l’humanité a un immense besoin de fraternité !
La protéine la plus nécessaire à toute société humaine, c’est la conscience de former une seule famille, c’est le sens du bien supérieur de l’unité.
La « fraternité » évoque une même filiation – une même origine qui fonde la dignité commune de toute personne.

De même l’unité ou « civilisation de l’amour » grandit seulement dans l’amitié. Or, l’amitié nait et se renouvelle par l’amitié du Christ. En réponse aux fermetures, François propose une logique de fraternité et d’amitié sociale.

Au fond, vous l’aurez compris, dans cette lettre courageuse, François se demande quel humanisme peut aider notre culture moderne ? Il se demande comment remettre la vie spirituelle au service de la vie sociale et politique ?
François propose donc un cap pour l’humanité au XXIème siècle et le moyen de l’atteindre : le cap de l’unité au moyen de la fraternité !

Il veut mettre la saveur de l’Evangile dans nos relations humaines, c-a-d proposer « un mode de vie au goût de l’Evangile » (n°1)

Un mot à présent sur la RECEPTION de cette lettre… La perspective de François est à la fois très simple mais très difficile dans sa réalisation.

Il n’ignore aucune des tensions et des résistances qui font partie du processus de conversion. Que la parole du Pape dérange, c’est au fond assez normal.
Si les opinions divergent, ne faut-il pas aller plus loin que l’expression d’un ressentiment ? il est nécessaire de dépasser nos préjugés pour comprendre l’intention de sa lettre.
Seul un retournement spirituel emporte la volonté de résoudre le problème.
Le besoin de conversion, c’est toujours à notre résistance qu’on le mesure !

Alors QU’EST-CE QUE LE PAPE APPORTE DE PLUS ?

Et bien il apporte UNE METHODE pour parvenir à progresser.
François propose, dans la tradition jésuite, des exercices spirituels et mène un examen de conscience social international.
Et telle est bien sa mission au service de l’unité de la famille humaine.
Prendre soin de la maison commune et fortifier l’amitié sociale.

Cet exercice spirituel se déploie en 8 chapitres, comme autant d’étape, pour changer de cœur et de vie.

L’ARCHITECTURE DU TEXTE

Pour conclure et afin de vous permettre d’entrer plus facilement dans la logique du texte, je vous propose d’introduire chaque chapitre par un verbe.

Ainsi, il convient de commencer par regarder le monde et (1) puis d’écouter une parole nous expliquant la souffrance que nous voyons (2). Pour la soulager, pensons à des principes cohérents d’organisation (3) et décidons de les mettre en œuvre (4). Cela suppose d’investir le champ social pour se donner la meilleure politique (5) et de ne jamais renoncer à dialoguer (6).
A cette condition il devient possible de progresser vers la vérité, de pardonner les blessures passées et de se retrouver (7). En demeurant ouverts à l’aide que Dieu nous donne, estimons les religions pour réaliser l’unité dans la fraternité (8).

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