Le samedi 11 avril 2026, le Cardinal Robert McElroy, archevêque de Washington, a présidé à une prière pour la paix, à l’invitation du Pape Léon XIV qui priait lui-même depuis la basilique saint Pierre à Rome. En communion avec de nombreux évêques et fidèles à travers le monde, ils ont imploré le don de la paix.
« … nous avons été placés sur cette Terre avec une mission et un but qui nous appelle à ennoblir le monde et à nous préparer au royaume de Dieu. (…) nous sommes appelés à être des artisans de paix dans le monde » disait le Cardinal Robert McElroy. « En premier lieu, dans nos propres cœurs et âmes, refusant de céder aux pulsions de colère, de jugement et d’égoïsme qui peuvent si facilement déformer nos vies et atténuer la lumière de la Résurrection. Nous sommes appelés à être des bâtisseurs de ponts et des réconciliateurs dans notre vie de famille, en surmontant les tensions normales qui ont été exacerbées par l’isolement social et l’étouffement technologique qui ont proliféré à notre époque. (…) Nous sommes appelés à être des artisans de paix au sein de cette nation, (…) Car nous sommes au milieu d’une guerre immorale. Nous sommes entrés dans cette guerre non pas par nécessité mais plutôt par choix. (…) Chacun de ces échecs politiques est également un échec moral qui, selon les principes catholiques de la guerre juste, rend à la fois l’initiation de cette guerre et toute continuation de celle-ci moralement illégitime. »
Le Pape Léon XIV, de son côté, a rappelé avec vigueur que « la guerre divise, la tyrannie piétine, quand l’espérance unit et l’amour élève » Reprenant les mots de Saint Jean-Paul II, témoin infatigable de la paix, il a déclaré son devoir « de dire à tous les jeunes :"Plus jamais la guerre !" Nous devons faire tout notre possible ! Nous savons bien que la paix à n’importe quel prix n’est pas possible. Mais nous savons tous combien cette responsabilité est grande. » Je fais mien son appel, si actuel.
La prière nous éduque à agir. (…) Nous avons là un rempart contre ce délire de toute-puissance qui, autour de nous, devient de plus en plus imprévisible et agressif. Les équilibres au sein de la famille humaine sont gravement déstabilisés. Même le Nom saint de Dieu, le Dieu de la vie, est entraîné dans les discours de mort. Disparaît alors un monde de frères et de sœurs ayant un seul Père dans les cieux et, comme dans un cauchemar nocturne, la réalité se peuple d’ennemis. Partout, on perçoit des menaces, au lieu d’appels à l’écoute et à la rencontre. (…)
Assez avec l’idolâtrie de soi-même et de l’argent ! Assez avec la démonstration de force ! Assez avec la guerre ! La véritable force se manifeste dans le service de la vie. Et, reprenant les paroles lapidaires de Pie XII, il ajoutait : « Avec la paix, rien n’est perdu ; mais tout peut l’être par la guerre » (Lettre encyclique Pacem in terris, 116).
Unissons donc les énergies morales et spirituelles de millions, voire de milliards d’hommes et de femmes, qui soignent les blessures et réparent les dégâts causés par la folie de la guerre. (…) Aux dirigeants des nations, le pape Léon a lancé un appel : « arrêtez-vous ! C’est le temps de la paix ! Asseyez-vous aux tables du dialogue et de la médiation, pas aux tables où l’on planifie le réarmement et où l’on délibère des actes de mort ! » (…) A chacun il a adressé un appel car « la prière nous engage à convertir ce qui reste de violent dans nos cœurs et dans nos esprits : convertissons-nous à un Royaume de paix qui se construit jour après jour, dans les maisons, dans les écoles, dans les quartiers, dans les communautés civiles et religieuses, en volant du terrain à la polémique et à la résignation avec l’amitié et la culture de la rencontre. « Croyons de nouveau en l’amour, la modération et la bonne politique » dit le Pape. « (…) Chacun a sa place dans la mosaïque de la paix ! (…) Nous devons veiller à ne pas nous laisser emporter par l’accélération d’un monde qui ne sait pas ce qu’il poursuit, afin de revenir au service du rythme de la vie, de l’harmonie de la création, et d’en soigner les blessures. (…) Il existe en effet « une “architecture” de la paix où interviennent les diverses institutions de la société, chacune selon sa compétence, mais il y a aussi un “artisanat” de la paix qui nous concerne » tous.
(…) L’Église est un grand peuple au service de la réconciliation et de la paix qui avance sans hésitation, même lorsque le rejet de la logique de la guerre peut lui valoir incompréhension et mépris. Elle annonce l’Évangile de la paix et enseigne à obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, surtout lorsqu’il s’agit de la dignité infinie d’autres êtres humains, mise en péril par les violations constantes du droit international. (…) Aujourd’hui plus que jamais, il faut montrer que la paix n’est pas une utopie » (Message pour la 59e Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026). (…) « Plus jamais la guerre, aventure sans retour, plus jamais la guerre, spirale de deuils et de violence » (Saint Jean-Paul II, Prière pour la paix, 2 février 1991).
Seigneur Jésus,
tu as vaincu la mort sans armes ni violence :
tu as anéanti son pouvoir par la force de la paix.
Donne-nous ta paix,
comme aux femmes hésitantes le matin de Pâques,
comme aux disciples cachés et effrayés.
Envoie ton Esprit,
souffle qui donne la vie, qui réconcilie,
qui fait des adversaires et des ennemis des frères et des sœurs.
Inspire-nous la confiance de Marie, ta mère,
qui, le cœur déchiré, se tenait au pied de ta croix,
solide dans la foi que tu ressusciterais.
Que la folie de la guerre prenne fin
et que la Terre soit soignée et cultivée par ceux qui encore
savent engendrer, savent préserver, savent aimer la vie.
Écoute-nous, Seigneur de la vie !






