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Léon XIV en consolateur de la France

Léon XIV en consolateur de la France

Qu’attendre de la visite de Léon XIV en France ? Il viendra la consoler dans ses épreuves. Il n’est jamais agréable de regarder la réalité en face, mais il serait vain de la nier : la France traverse des crises et des périls d’une extrême gravité. La France dévisse, décroche, perd ses derniers points de repère. Elle est chaque jour plus fragilisée dans sa cohésion nationale, atteinte dans sa crédibilité internationale. Tous les indicateurs le montrent : dette abyssale, démographie en berne, précarité galopante, école en panne, religions marginalisées...

La venue de Léon XIV en France au lendemain de l’adoption désolante de la dépénalisation de l’euthanasie – cyniquement appelée « aide à mourir » - faisait craindre à certains le risque d’une intrusion du chef de l’Eglise catholique dans la vie politique française [1]. Or, dès sa première lettre encyclique, Magnifica humanitas, le Pape exclut cette perspective. L’Eglise entend seulement « ne pas rester indifférente face aux souffrances concrètes des hommes et des femmes de notre temps. Sa proximité ne découle pas d’une volonté de se substituer aux institutions ni d’une critique implicite de leur action, mais de la charité évangélique qui la pousse à s’approcher des blessures de l’humanité lorsque celles-ci se manifestent avec plus de gravité » (n°21). La blessure est profonde. La consolation s’impose. Privée des repères spirituels qui ont façonné sa devise républicaine, liberté, égalité, fraternité, la France perd foi, espérance et charité. Un encouragement du Pape s’impose donc, afin que cesse le rejet de l’Église catholique par les Français eux-mêmes. Un rejet qui aura permis aux responsables politiques au pouvoir de déployer une nouvelle religion, « religion du progrès », substituant ses dogmes libertaires au respect sacré de toute personne : « Désir du citoyen, tu ne contrediras pas ». A l’évidence, la France a besoin d’aide, et la visite de Léon XIV peut contribuer à son réveil spirituel.

Léon XIV viendra consoler les Français et les inviter à ne jamais se décourager. Le Christ Jésus lui-même a subi insultes et humiliations. Il a vaincu par la seule puissance de l’amour. L’amour seul triomphe, parce que lui seul permet à l’être humain de rester humain, sans se laisser défigurer par les mirages du confort, de la performance ou de l’autoréférence. Le Christ a reçu des crachats et du mépris ; pourtant il ne s’est ni emporté, ni découragé. Il savait que la vérité s’impose par la seule force de la vérité, faite de douceur et de patience. Léon XIV encouragera l’Église de France à cette même persévérance. Elle sera encore et toujours, au service de l’unité du pays. Ce que les parlementaires ont choisi de voter à une si faible majorité - la légalisation de l’euthanasie - est la plus redoutable des violences faites aux Français en temps de paix : la mort administrée par la puissance publique. Quel triste héritage !

Léon XIV viendra prier à Notre-Dame de Paris. Il viendra invoquer le pardon et la tendresse de Dieu. Il viendra consoler les Français de l’arrogance de leurs dirigeants. L’Église de France, quoi que faible par le nombre, demeure vaillante par la présence, en elle, de Celui qui est le chemin, la vérité et la vie. Lorsque tout semble perdu, Léon XIV priera avec Marie, au pied de la Croix. Il invoquera Notre-Dame afin que renaisse en France et dans les âmes, la conscience de la dignité des plus fragiles, des malades, des personnes âgées ou dépendantes. Il priera Notre-Dame de sauver la France de ses errances. Ensuite, Léon XIV se rendra à Lourdes comme en un lieu de discernement spirituel pour soutenir la France face à la nouvelle révolution industrielle portée par l’IA, qui bouleverse profondément les vies, les familles, les sociétés et les économies. En se tournant vers Bernadette Soubirous, il cherchera un exemple de persévérance, de simplicité et de confiance au cœur des épreuves, afin d’éclairer les défis du temps présent.

En 1980, Jean-Paul II lançait cet appel : « France, fille aînée de l’Église, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême et de ton alliance avec la Sagesse éternelle ? » 46 ans plus tard, Léon XIV, lui, dira : « France, espère le Seigneur, qui jamais n’abandonne ceux qui ont foi en sa parole ; ouvre-toi à la promesse de ton Seigneur. En Lui viennent ta joie et ton salut. »


Père Laurent Stalla-Bourdillon

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