Père Laurent Stalla-Bourdillon : "On ne peut pas se servir d’une religion pour haïr son frère"

Répondant aux questions de Pierre de Vilno sur Europe 1, l’ancien aumônier des parlementaires a condamné l’incident antisémite qui s’est produit dans le métro parisien, en marge de la mobilisation des "gilets jaunes", samedi.

La haine de la religion trouve sa place dans la protestation des "gilets jaunes". Un incident antisémite s’est produit dans le métro parisien, samedi soir. "La haine de la religion ne doit jamais trouver sa place dans notre pays. Si cela arrive, c’est que nous avons manqué d’expliquer à quoi sert une religion dans notre pays", a réagi le père Laurent Stalla-Bourdillon, directeur du SPI (Service pour les professionnels de l’information) et ancien aumônier des parlementaires, au micro de Pierre de Vilno sur Europe 1. "On ne peut pas se servir d’une religion pour haïr son frère."

"Notre société ne sait plus voir la beauté propre de chaque existence." "Une religion doit nous aider à découvrir la signification profonde de chacune de nos existences. Ce sont des ressources de sagesse", plaide-t-il. Selon lui, "notre société ne sait plus voir la beauté propre de chaque existence" : "Cette fête de Noël est un message adressé à toute personne pour lui dire : ’N’aie pas peur de tes pauvretés.’"

"On a besoin de prendre soin les uns des autres." Particulièrement dans le contexte de crise sociale que la France traverse actuellement. "Le contexte que nous connaissons aujourd’hui nous a simplement montré qu’une société se construit, s’édifie. Les relations entre les personnes doivent se nourrir, elles se construisent, elles se soignent. On a besoin de prendre soin les uns des autres. Nous ne pouvons que nous nourrir de réalités simplement matérielles. Nous avons besoin de partager ensemble la réalité la plus essentielle pour nous, (...) c’est la capacité de nous aimer", analyse le père Laurent Stalla-Bourdillon.

"J’ai été très frappé par la puissance" du discours du pape. Un discours qui rejoint celui du pape, lundi soir. "Une insatiable voracité traverse l’histoire humaine, jusqu’aux paradoxes d’aujourd’hui ; ainsi quelques-uns se livrent à des banquets tandis que beaucoup d’autres n’ont pas de pain pour vivre", a martelé le pape François. "J’ai été très frappé par la puissance de sa parole", confie le père Laurent Stalla-Bourdillon. "De quoi avons-nous le plus besoin ? De rendre notre société plus humaine", ajoute-t-il. "Notre société se défigure si elle ne met pas l’être humain au centre des considérations, politiques, sociales, éducatives…"

Europe 1

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