Le Dr Jared Cooney Horvath a expliqué devant le Sénat américain le 15 janvier 2026, que l’explosion des écrans à l’école nuit au développement cognitif des enfants. Il entraîne une régression inédite des capacités cognitives des jeunes : pour la première fois, une génération est moins performante que ses parents en attention, mémoire, lecture, calcul... Les écrans, même lorsqu’ils servent officiellement à « apprendre », entraînent surtout des habitudes de zapping, de survol et de multitâche, qui favorisent une connaissance superficielle, faite de fragments et de réflexes plutôt que de compréhension profonde. Or, rappelle Horvath, seules les connaissances lentement appropriées, consolidées en mémoire et reliées à l’expérience, deviennent l’ossature de notre personne et la base de notre liberté intérieure ; un environnement saturé d’écrans affaiblit précisément cette capacité de concentration et d’enracinement du savoir. Voici les paroles fortes du Dr Jared Cooney Horvath.
« Je m’appelle le Dr Jared Cooney Horvath. Je suis enseignant devenu neuroscientifique cognitif, spécialisé dans l’apprentissage, et je ne reçois – ni n’ai jamais reçu – de financement de la part des grandes entreprises technologiques. (…) nos enfants sont moins capables cognitivement que nous ne l’étions au même âge. Depuis la fin du XIXᵉ siècle, nous mesurons le développement cognitif, et chaque génération a, jusqu’ici, surpassé ses parents. (…)
La génération Z (enfants nés entre 1997 et 2010) est la première génération de l’histoire moderne à être moins performante que nous sur pratiquement tous les indicateurs cognitifs dont nous disposons : attention de base, mémoire, maîtrise de la langue écrite, calcul, fonctions exécutives, et même quotient intellectuel général – alors même qu’ils vont plus à l’école que nous.
Alors que s’est‑il passé ? Qu’est‑ce qui, autour de 2010, a découplé la scolarisation du développement cognitif ? Ce ne peut pas être l’école, ce ne peut pas être la biologie : elle n’a pas eu le temps de changer. La réponse semble être les outils que nous utilisons à l’école pour produire cet apprentissage.
Dans 80 pays, si l’on regarde les données, on constate qu’une fois que les pays adoptent largement la technologie numérique à l’école, les performances baissent significativement. Au point que des élèves qui utilisent l’ordinateur environ cinq heures par jour à l’école, à des fins d’apprentissage, obtiennent des scores inférieurs de plus des deux tiers d’un écart‑type à ceux des élèves qui utilisent rarement ou jamais, la technologie à l’école. Et cela, dans 80 pays.
(…) Pour établir une causalité, il faut de la recherche académique, et il faut des mécanismes : des explications au fait de voir ce que nous voyons. Nous disposons de travaux académiques remontant à 1962 qui racontent exactement la même histoire : depuis soixante ans, lorsque la technologie entre dans l’éducation, l’apprentissage baisse. (…)
Depuis environ deux décennies, nous travaillons beaucoup sur ce qu’on appelle la science de l’apprentissage : comment les êtres humains apprennent‑ils ?
Nous comprenons désormais clairement pourquoi la technologie ne fonctionne pas pour l’apprentissage et toutes les raisons sont biologiques. Ce n’est pas que la technologie ne serait pas « assez bien » utilisée, que nous ne serions pas assez formés, ou que nous aurions besoin de meilleurs programmes. Nous avons biologiquement évolué pour apprendre d’autres êtres humains, pas d’écrans et les écrans court‑circuitent ce processus. (…)
Au lieu de déterminer ce que nous voulons que nos enfants sachent faire et orienter l’éducation vers cet objectif, nous redéfinissons l’éducation pour mieux nous ajuster à l’outil. Ce n’est pas du progrès : c’est de la capitulation. (…) Mais je suis ici la voix qui vous rappelle que, même à l’école, la taille de l’écran ne change rien : qu’il s’agisse d’un téléphone, d’un ordinateur portable ou d’un ordinateur de bureau. Et peu importe qui l’a acheté, qu’il soit fourni par l’école, qu’il ait le mot « éducation » écrit dessus : cela ne change rien. Tous ces dispositifs nuisent aussi à l’apprentissage et, ce faisant, nuisent au développement cognitif de nos enfants, précisément au moment où nous aurions besoin qu’ils soient plus brillants que nous. Je vous remercie infiniment pour cette séance aujourd’hui. Je me réjouis de poursuivre la discussion avec vous. »
L’atteinte aux capacités cognitives et à l’apprentissage se double d’un lien entre environnement numérique (smartphones, réseaux, IA compagnons) et effondrement de la santé psychique des jeunes. Non seulement cela accroit les difficultés d’apprentissages, mais cela fragilise le processus d’élaboration psychique des jeunes.
L’essor massif des smartphones et des réseaux sociaux des IA compagnons qui arrivent, coïncide avec une forte dégradation de la santé mentale des jeunes : hausse marquée de l’anxiété, de la dépression, des automutilations et des idées suicidaires, en particulier chez les adolescentes. Nous savons aujourd’hui qu’un usage précoce des écrans avant 2 ans est associé à davantage d’anxiété à l’adolescence.
Une mise en garde s’impose contre les « compagnons » d’IA, les chatbots, tant ces applications sont encore plus préoccupantes que les réseaux sociaux, car elles sont conçues pour être « sycophantiques », c’est‑à‑dire toujours complaisantes et émotionnellement réactives, au risque que les enfants nouent avec elles leurs premières relations affectives au lieu de les vivre avec de vraies personnes.
En somme, tous ces constats rappellent une vérité fondamentale : seul l’humain humanise. Cette vérité est au principe même de la doctrine de l’incarnation chez les Chrétiens, qui reçoivent la révélation de la saveur et de la profondeur de leur existence dans l’existence humaine de Jésus. L’immersion dans un environnement sociotechnique toujours plus sophistiqué doit nous conduire, citoyens et puissance publique, à une plus grande qualité d’attention aux personnes.






