Vous avez dit humanité ?

Révolution numérique, déséquilibres démographiques, aspirations transhumanistes, effondrement des écosystèmes, crise climatique… Doit-on se poser la question de l’avenir de l’humanité ? Sapiens sera-t-il le dernier des hommes ?

Un théologien, un paléoanthropologue : deux regards pour appréhender le mystère de l’homme à la lumière de la science et de la Révélation chrétienne.

L’homme n’a cessé d’évoluer avec son environnement grâce à des innovations techniques toujours plus importantes et des organisations sociales toujours plus complexes. « Victime » de son succès, il est aujourd’hui devenu la principale force d’action sur la Terre.

Aujourd’hui de nombreux spécialistes tirent la sonnette d’alarme, parlant, pour certains, de mal-évolution : destruction de la biosphère, surpopulation, urbanisation massive, déficits immunitaires... L’étonnante capacité d’adaptation qui a fait le succès des hommes depuis plus d’un million d’années serait-elle en train de succomber ?

Plutôt que de spéculer sur la dégénérescence de l’espèce humaine et sa potentielle autodestruction, la véritable question ne serait-elle pas : que signifie être humain ? Et quel est le propre de l’homme ?

Ce qui fait que l’homme est Homme, c’est qu’il est devant une question et qu’il est habité par une question : qui suis-je ? D’où viens-je ? Et c’est ce questionnement qui fait le propre de l’homme. » - Père Laurent Stalla-Bourdillon.

« L’animal, dans la tradition occidentale, notamment dans la philosophie occidentale, n’est jamais défini. C’est un concept éthique ou moral, c’est-à-dire tout ce que ne doit pas être l’homme. » - Pascal Picq.

En ce qui me concerne, car il n’y a pas de véritable consensus scientifique sur la question, les « vrais hommes » apparaissent vers 2 millions d’années en Afrique et ils sont, non pas les premiers fabricants d’outils de pierre taillée comme on le croit souvent du fait de notre imaginaire commun, mais les homos erectus avec lesquels apparaissent les premiers modes d’expression symboliques : la cosmétique – la modification de notre apparence par le maquillage, les tatouages, les scarifications – et la cosmologie – qui va mener à un nouveau rapport au monde, à la croyance et la spiritualité. » - Pascal Picq.

Ce qui caractérise l’homme, et on le retrouve d’ailleurs dans la tradition biblique, c’est que c’est un être de paroles qui se nourrit de paroles. […]. Si on ne parle pas aux petits humains, ils ne vivront pas, car l’homme habite le monde de sa parole. […] Il habite son discours, il habite sa conscience des choses. Littéralement, il habite le monde qu’il a conçu en paroles. » - Père Laurent Stalla-Bourdillon.

Un débat enregistré en décembre 2019 au Collège des Bernardins.

Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France.

Père Laurent Stalla-Bourdillon, directeur du Service pour les Professionnels de l’Information (S.P.I.), enseignant au Collège des Bernardins.

Débat animé par Antoine Bellier, journaliste sur RCF.

France culture

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